Southport à Sunset Beach : en mémoire d’André

19 novembre 2018

Un des objectifs du voyage est atteint : Sunset Beach ! Dominic tenait à aller y faire un petit tour, en mémoire de son frère qui appréciait particulièrement cet endroit, et qui, lui aussi, rêvait de faire le voyage que nous faisons en ce moment… Malheureusement, le cancer l’a emporté beaucoup trop jeune. Petite pensée pour André.

Nous avons réussi finalement à faire ce stretch par la mer. La météo semblait notre amie ce matin, donc nous nous sommes lancés. Ce fût assez tranquille. Tellement qu’il n’y avait pas assez de vent pour ne prendre que les voiles. Donc moteur encore… Nous avions été avertis, on nous l’a dit et redit, ce voyage ne se fera pas à la voile. Mais comme tous, nous avons fait un peu de déni… Et avons rêvé que ce serait différent pour nous, l’innocence des novices, que voulez-vous… Mais maintenant, nous pouvons le confirmer également : la majorité du voyage se fait au moteur. Les voiles sont un système d’appoint qui permettent d’aller chercher 1 ou 2 nœuds, c’est tout. On ne le cachera pas, c’est un peu une déception. Mais on va se rendre, comme tout le monde.

À propos de l’inlet de Cape Fear

Celui-là, tu le prends avec le courant de marée, pas de doute. Lorsque nous sommes partis, nous étions avec le courant. Et là, c’était agréable, oh oui. Nous avons atteint près de 9kn en vitesse sur le fond, quand même, ça roulait. Ça été un beau départ de de journée.

Le highlight du jour : personne n’est malade !

Ça vaut la peine de le souligner quand même ! Un beau 5 heures de navigation avec aucun mal de cœur qui se pointe le bout du nez. C’est surtout une victoire pour Andrée-Anne, Dominic c’est plus rare, c’est juste plus intense. Bref, cela vaut la peine de persévérer…

À propos de Little River Inlet

Cet inlet est à la jonction de la Caroline du Nord et la Caroline du Sud… Donc nous avons presque changé d’État aujourd’hui, nous sommes vraiment sur la limite… On va arriver au chaud un jour… L’inlet est super grand et bien accueillant. Nous l’avons pris avec le courant de marée avec nous, donc tout a bien été. Rien a signaler ici.

À propos de Sunset Beach

Nous avons choisi de mouiller l’ancre juste à l’entrée de l’inlet, tout près de la plage de Sunset Beach. Comme nous sommes arrivés tôt, nous avons pu faire une balade sur la magnifique plage de sable. Cela doit être génial ici l’été. La place est adjacente à une zone protégée pour les oiseaux, donc c’est tout naturel à cet endroit. Et il y a pas mal de vie… Des oiseaux de toutes sortes, des crabes, des dauphins, des drôles de méduses qu’on ne sait pas si elles sont vivantes ou mortes. La balade valait vaut vraiment le détour. Et même si on passe par l’ICW, cela vaut la peine de faire le 4-5 MN qui nous éloigne de la route pour aller voir le spot, c’est vraiment plaisant.

Et pour la suite ?

Pour la suite… ça sent le mécano encore… En arrivant, Dominic a fait sa tournée quotidienne des équipements, et a réalisé que le shaft semble encore vouloir sortir de sa place. Donc les réparations effectuées à Beaufort ne semblent pas faire la job. Continuer ainsi serait un peu inconscient de notre part, nous allons devoir trouver une solution demain. À une trentaine de miles, il y a la Osprey Marina qui semble avoir une bonne réputation, nous allons voir ce que nous pouvons faire demain matin.

À propos du mouillage choisi

Mile ICW : 341.7, Coordonnées : 33°51.257’N 78°32.685’W
Il s’agit définitivement du plus beau spot que nous avons vu depuis notre départ. Il se nomme Bird Island dans Active Captain. C’est la première fois que nous avons le luxe de prendre notre dinghy et de nous rendre sur une belle plage de sable pour prendre une marche, c’est génial, on se croirait déjà aux Bahamas. Évidemment, ce n’est pas là que tu vas trouver des services, mais qu’a-t-on besoin tant que ça… ? Le fond est bon, c’est du sable, donc facile de s’ancrer. Au niveau de la protection, un vent du sud-est pourrait être inconfortable, sinon, pour le reste, c’est tout beau à cet endroit.

Les photos du jour

 

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

Wrightsville à Southport : un petit peu de repos svp

18 novembre 2018

Question de passer le Cape Fear qui s’allonge loin loin loin dans la mer, nous avons décidé de passer par l’intérieur, c’est plus rapide et moins dangereux. Donc, petite navigation d’une vingtaine de miles nautiques aujourd’hui entre Wrightsville et Southport. Les derniers jours ont été un peu difficiles, donc cette journée est la bienvenue. Dominic a particulièrement besoin de repos. Le mal de mer qu’il a eu lors de la dernière sortie ne semble pas seulement être un mal de mer… Donc le repos est de mise question de remettre les troupes sur les rails.

La mer, on y prend goût…

Dominic a officiellement statué que l’ICW c’est n’importe quoi. En fait, ça doit dépendre des goûts. Pour notre part, nous trouvons ça long, et très prenant comme navigation. Parce que dans le coin où nous sommes en ce moment, il faut être plus que vigilant. En plus de devoir nous promener dans des chenaux étroits et sinueux, on doit suivre toutes les petites notes de navigation que nous trouvons un peu partout. Parce que même si le chenal est bien balisé, nous ne pouvons pas dire le contraire, les bouées de navigations fusent, des fois, passer entre les bouées de navigation n’est pas la chose à faire. Eh non, parfois il faut coller la rouge, des fois la verte. Des fois on arrive à un endroit pas de bouée, et on doit se tasser un peu du côté bâbord, mais pas trop, parce qu’à cet endroit même à marée basse, on pourrait peut-être sensiblement avoir des chances de s’enliser dans le fond. Donc là tu ralentis au minimum la cadence, et tu croises les doigts. Pas très reposant comme route…

Et pour la suite ?

Nous aimerions reprendre la mer demain, mais la météo est difficile à suivre. Pas facile de savoir si nous aurons des conditions réellement favorables. Nous aimerions nous rendre à Little River Inlet, à côté de Sunset Beach. Il s’agit d’une petite journée de navigation d’environ 35 MN, les courants de marées sont favorables pour un départ tôt le matin et une arrivée en après-midi… Mais la météo elle nous laisse un peu perplexe. Nous allons devoir prendre notre décision demain à 5 h du matin à savoir si nous faisons la route à l’intérieur ou à l’extérieur.

À propos du mouillage choisi

Coordonnées : 33°55.872’N 77°58.607’W
Nous nous sommes arrêtés au mouillage nommé Tina’s pocket dans Active Captain. Ce qu’il a de bon, c’est qu’il est assez spacieux. Mais il est très exposé… Et les courants sont difficiles à suivre, vaut mieux se garder une petite distance avec les bateaux à côté. Nous étions 3, Fleurs des îles, Jolie Brise et nous un à côté de l’autre et nous avons réussi à être tous dans une direction différente. Côté fond, pas de souci, l’ancre pogne bien. Il n’y a aucun service autour, c’est au milieu de nulle part, mais c’est un bon endroit pour attendre une fenêtre météo pour la mer…

Les photos du jour

 

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

Quelque part en mer à Wrightsville : les joies de la mer

17 novembre 2018

Cette journée commence à 00 h 00, quelque part en mer en Caroline du Nord. À minuit, nous étions environ à la moitié. Très au large. Dans ce secteur, en plein centre de notre navigation, il y a une zone militaire qui va jusqu’à 15 miles au large. Cette zone en mer sert à des exercices de tir. Ce n’est pas le genre d’endroit que tu veux passer. Donc tu dois l’éviter. Nous avons donc dû nous éloigner considérablement de la côte pour éviter cette zone. Et c’est l’endroit que nous étions environ au début de la « journée ».

Et Summum, il est où ?

Il faisait très noir. Au départ, nous avions une belle lune qui nous faisait une belle lumière, nous permettant de voir un peu au loin, mais elle est allée se coucher au courant de la nuit, nous l’avons perdue. Et tout est devenu très noir. Et nous avons perdu Summum derrière nous. Nous n’avions pas la même vitesse, et possiblement pas le même cap exactement, donc nous nous sommes perdus. Vers 2-3 heures du matin, nous avons bien tenté de le retrouver en l’appelant sur la VHF, mais en vain. Nous avons donc réduit notre vitesse, et avons même fait un demi-tour pour revenir sur nos pas, mais en vain, nous ne l’avons pas vu. Nous avons donc continué notre route à très basse vitesse. À cette heure, nous étions à une vingtaine de miles nautiques de notre destination, et nous savions que nous avions encore quelques heures avant la lumière du jour, donc il n’était pas nécessaire d’aller vite. Jusqu’à ce que nous arrivions à l’inlet… Qui est-ce qui est pas devant nous ? Summum… Là on ne comprend juste rien. Ceci restera un mystère pour toujours… Comment Summum, qui était derrière nous, a pu arriver avant nous, sans que nous le voyions en route ? Ni lui, ni nous, ne pouvons y répondre…

L’arrivée, enfin

Les dernières heures ont évidemment été les plus longues. À partir de 4 heures du matin, on dirait que la nuit ne se terminera jamais. À cette heure, le froid est à son comble également. Côté état, Dominic est à l’intérieur et se vide repose, tandis qu’Andrée-Anne a un peu pris le dessus de ses malaises et peut tenir la roue. Ce n’est pas l’idéal, mais au moins, la mer est assez tranquille, dans la deuxième partie de la nuit, les vagues se sont calmées, elles sont plus petites. Nous voulions arriver vers 10 h, nous sommes plus arrivés à l’inlet vers 7 h 30. Le courant a cette heure était contre nous. La grande question du moment est… On se lance contre le courant puisque nous avons hâte d’arriver (ce qui peut être dangereux, les courants de marées dans les inlets peuvent créer des remous invisibles à l’œil, mais impossibles à gérer en voilier), ou on attend… Summum a lu que cet inlet peut être pris peu importe la marée. Après une brève réflexion, nous décidons d’y aller. Et tout a bien été… Donc, à titre d’info, il n’y pas de souci à prendre cet inlet (Masanboro Inlet) à contre marée. À 8 h00, nous étions ancrés… et prêts à dormir…

Et la journée a eu l’air de quoi ?

De pas grand-chose. Vers midi, nous étions debout. Déjà. Dans un état quelconque par contre. Nous avons vu Fleurs des îles et Jolie Brise arriver au mouillage. Pour leur part, ils ont pris l’ICW. Ils sont partis hier matin, ont dormi à un ancrage en chemin, et sont arrivés ensuite au même point que nous quelques heures après nous. Et là, nous voyons le point d’interrogation dans vos yeux… La question va de soi. Pourquoi prendre la mer, de nuit, et s’épuiser, quand on peut faire la même chose en 2 jours via l’ICW ? Pour différentes raisons… d’abord parce que cela ne nous tentait pas de nous promener dans les basses profondeurs et haut-fonds de l’ICW, nous avions envie d’un peu plus de liberté. Également, cette courte sortie nous a permis de prendre de l’expérience et de nous challenger, nous n’avions pas fait de nuit complète encore en mer, c’est le genre de chose assez courante normalement en navigation, il faut briser la glace un moment donné. Finalement, parce que c’est tout simplement excitant. Cela ajoute un peu d’action dans notre périple, et nous devons avouer que nous n’haïssons pas ça… Bref, nous nous sommes donc retrouvés tous au même mouillage, et en avons profité pour faire un petit get together pour jaser de nos expériences respectives en début de soirée, ce fût fort sympathique.

Et pour la suite ?

Nous ne lâchons pas le morceau. Nous voulons reprendre la mer 😊 Demain, nous nous dirigerons via l’ICW vers Southport à une vingtaine de miles nautiques. L’idée est de faire une petite journée, dans le canal, pour ensuite ressortir en mer lundi matin (nous sommes samedi) pour une petite navigation de jour d’une trentaine de miles pour atteindre Little River Inlet, qui est adjacent à Sunset Beach, un arrêt que Dominic tient à faire sur notre route. Cet inlet est à la limite de la Caroline du Nord et la Caroline du Sud, on change d’État bien vite !!

À propos du mouillage choisi

Mile ICW : 283.2, Coordonnées : 34°12.408’N 077°47.924’W
Nous n’avons vu que très peu de ce mouillage. Pour notre part, la nuit a été super relax, pas de vent, pas de vague, nous avons dormi comme des bébés (bon, on s’entend que nous en avions besoin). Côté fond, c’est du sable (enfin!), donc l’ancre remonte propre propre propre, c’est génial. En plus, ça tient bien ! Il y a un dinghy dock accessible près du pont côté Est, donc l’accès à la terre est simple. Seule chose à savoir par contre, c’est que les gens sont loud dans ce coin de pays. L’été, cela doit être l’enfer ici. Les bateaux moteurs passent à toute vitesse dans le mouillage sans aucun remords et les gens se crient après (nous n’avons jamais entendu autant de gens crier dans un mouillage…). C’est samedi aujourd’hui, on pourrait imaginer que c’est moins pire la semaine.

Les photos du jour

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

Beaufort à… quelque part en mer sous un ciel étoilé grandiose : on quitte enfin Beaufort, et on gère notre mal de cœur

16 novembre 2018

Nous ne sommes pas partis ce matin finalement. Nous avons encore eu une nuit de gros vents, et un matin frisquet, toujours venteux, les vents n’ont commencé à descendre que vers 9 h. Le moral n’était pas là pour partir. Par contre, en prenant ça relax en matinée, et en surveillant la météo, nous avons tranquillement pris la décision de partir en fin de journée par la mer, les conditions étaient réunies (vagues de 4 pieds, vent léger et favorable). Summum, un voisin de mouillage québécois, a aussi pris cette décision. Nous sommes donc partis ensembles vers 16 h pour affronter notre première vraie nuit en mer. Notre but est d’arriver à Wrightsville au matin, avec la marée en notre faveur. L’inlet (l’entrée de la mer à la terre) que nous visons est Masanboro Inlet à une soixantaine de miles nautiques.

Le projet du jour : partir en mer

Une fois la décision prise, il a fallu se préparer…  Ce qui veut dire :

  • Préparer des repas froids, chauds, et qui se mangent facilement. Concrètement : une salade de pâte, des sandwichs et un repas chaud de bœuf haché et riz au cas où nous sommes en mesure d’utiliser le poêle.
  • Ranger le bateau pour éviter que tout vole en route s’il y a beaucoup de gite.
  • Sortir à peu près tous les vêtements chauds et manteaux à notre disposition, et les mettre très accessibles.
  • Préparer le petit lit de repos.
  • Préparer le kit d’abandon de bateau (c’est du sérieux…).
  • Installer la ligne de vie
  • Revoir notre route 12 fois question d’être sûrs de ce que nous faisons.
  • Vérifier la météo constamment pour voir comment le vent et les vagues évoluent au large.

Bref, l’après-midi complet a été consacré à la préparation. Sur fond de trac… oui, oui, de trac.

La découverte du jour : le trac

Partir en mer donne le trac. On se demandait ce qui se passait en nous… c’était du trac. Des papillons… Tout simplement. Un joyeux mélange d’excitation et de stress. Même si nous avons mûri notre décision, que nous avons bien regardé notre météo, notre route, les marées, etc., nous avions le trac. C’est fascinant. Et tellement excitant en même temps. De quoi en prendre goût…

Question de contribuer au trac, comme la fenêtre météo du jour était aussi bonne pour prendre l’ICW que la mer, nous avons vu beaucoup de bateaux partir ce matin pour continuer leur route via l’ICW. Tous les bateaux québécois que nous avons rencontrés sont partis au petit matin. Il ne restait que Summum et nous… Il y a eu un petit moment où nous nous sommes demandé si nous avions pris la bonne décision… Il y a beaucoup de voiliers qui décident de ne pas prendre la mer, ce qui nous étonne quand même… De notre côté, nous ne rêvons que d’ouvrir nos voiles enfin.

Et la navigation elle…

Un mot : pas facile. Vous connaissez les « F » du mal de mer ? Ben nous l’avons expérimenté, et surtout Dominic. Fatigue, Faim, Froid. Ça finit comment ça ? Dans la toilette…  À 22 h, nous étions en sérieux questionnement à savoir quelle mouche nous avait piqué pour nous mettre dans cet état en pleine mer. Bref, nous avons un peu mal géré notre affaire nous croyons bien. Au niveau de la fatigue, nous aurions dû mieux dormir avant. Mais ce n’était pas possible avec la météo, bref, nous avons fait de notre mieux à ce niveau. Pour la faim, nous n’avons pas assez mangé avant. Nous avons préparé beaucoup de nourriture pour pendant, mais nous avons négligé notre estomac avant. Erreur. Une fois le mal de mer bien installé, le tout combiné avec la vague de 4’, il était difficile pour nous de moindrement considérer manger quelque chose… Le froid. Ça c’est difficile. Nous n’avons pas de full enclosure (un cockpit fermé par des toiles), donc nous sommes constamment à la merci des éléments. Et la nuit a été très froide. Même avec les manteaux d’hiver et les couvertures, ce n’était pas facile de se sentir bien. Pour Andrée-Anne, le mal de mer a été presque instantané en partant, mais il a été un peu moins incommodant que pour Dominic, qui lui, a été frappé plus tard, mais vraiment plus fort.

Côté navigation, malgré nos états respectifs, cela allait assez bien. Nous sommes arrivés en mer vers 17 h avec le soleil qui se couchait. Les vagues étaient d’une belle grosseur, rien pour nous incommoder normalement, soit des vagues de 4’. Nous avions assez de vent pour bien avancer. Nous aurions aimé faire la navigation à la voile seulement, mais notre drisse de grand-voile (le cablôt pour monter la voile) s’est décrochée lorsque nous sommes partis, et a commencé à voler dans les airs. Avec les vagues, il était hors de question de tenter de la rattraper. Nous avons donc dû faire notre navigation complète avec le moteur et le génois. Pas idéal, mais bon, rendu là, tu fais avec ce que tu as.

Et pour la suite…

La suite… eh bien, elle est en mer. Cette sortie chevauche 2 jours. Avec la vitesse que nous avons conservée, il est fort probable que nous allons arriver très tôt à Wrightsville demain matin. Nous visons une arrivée vers 10 h pour profiter du courant de marée montante, mais à la vitesse que nous allons, nous serons définitivement là plus tôt. Nous verrons bien comment nous allons gérer le tout plus tard…

Les photos du jour

 

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

Beaufort à Beaufort : novembre et le supplice de la goutte

15 novembre 2018

Novembre frappe fort. Même ici. Bon, nous ne sommes pas dans la neige, nous compatissons grandement avec nos compatriotes québécois en ce moment, mais nous ne sommes pas non plus dans le confort absolu… La température est totalement déréglée on dirait ici. On passe de 5 à 20° dans des délais très courts, c’est difficile de conserver un peu de confort dans Nuage. Parce que ce qu’il se passe quand il y a des gros changements de température comme ça, c’est que l’air se réchauffe à l’intérieur, pendant que tout se refroidit dehors. Et là, l’humidité et la condensation se mettent de la partie… C’est le supplice de la goutte qui commence. Partout au plafond, des gouttes se forment et nous tombent dessus sans préavis, du fun qui n’en finit plus. Surtout quand une goutte attaque une oreille en plein sommeil. Ou un œil. La joie. Tous les vêtements sont humides et froids, ainsi que les couvertures… Imaginez le bonheur lorsque nous avons mis des vêtements qui sortaient de la sécheuse hier, wow, le gros luxe. Bref, on se fait un peu ch@$?* avec l’humidité en ce moment.

Le bout qui n’en finit plus du jour : le vent

Le vent ne nous a pas tant lâché aujourd’hui finalement. Nous avons eu une petite pause vers 12 h (plus tôt que prévu, yé), mais il est revenu vers 15 h. Pendant la petite pause, nous en avons profité pour aller faire un tour sur la terre pour aller chercher du diesel et jaser un peu avec les gens à quai. Nous en avons profité pour aller jaser avec un vieux loup de mer de Québec qui nous a donné tellement d’information en peu de temps que nous ne pourrions résumer, et faire un petit arrêt à Fleurs des îles. Les prévisions annoncent du vent toute la nuit encore, donc la pause a été bien appréciée.

La mission du jour : se faire une tête à savoir ce que l’on fait dans les prochains jours

La météo nous donne du fil à retorde en ce moment. Et à force de jaser avec tous les gens, cela devient encore plus mêlant on dirait. Passons-nous par la mer à partir d’ici, allons-nous plus loin ? Bref, la journée a commencé avec la création d’un planning possible pour les prochains jours de navigation. Il semblerait qu’à partir de demain, nous aurons plusieurs jours à notre disposition pour avancer, autant en mer que via l’ICW. En matinée, nous avons monté un plan sur 3 jours de navigation qui nous amènerait à Cape Fear via l’ICW, d’où nous pourrions prendre la mer et faire quelques petits sauts de crapaud entre des inlets (des entrées qui relient la mer à l’intérieur des terres) assez rapprochés, une option intéressante pour des newbies comme nous. Ce plan impliquerait un départ demain matin tôt. Ça c’était en début de journée… En fin de journée, le tout a changé quelque peu. Nous avons remis notre départ du matin en question. Pour considérer un départ en fin de journée, vers la mer, afin d’atteindre Wrigthsville en début de journée samedi. L’idée est de sortir en mer à la clarté, et rentrer à la clarté avec la marée. Bref, nous sommes toujours en mode décision…

À propos du mouillage choisi

Mile ICW : 204.0, Coordonnées : 34°42.812’N 076°39.823’W
Nous sommes toujours au même endroit. Et, plus nous passons de temps ici, plus nous apprenons des choses… Il semblerait que juste avant le passage de Florence l’ouragan ici il y a quelques semaines, des boules de mouillage privées étaient installées un peu partout, et c’était un peu le bordel. Ceci explique pourquoi nous ne comprenions pas les commentaires dans Active Captain pour ce mouillage. Les commentaires faisaient mention de boules de mouillage… Tout s’explique maintenant. Bref, pour le moment (automne 2018), il n’y a plus de boules ici. Mais personne ne sait ce qui va se passer dans le futur…

 

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

Beaufort à Beaufort : on prend le pouls avec les voileux québécois

14 novembre 2018

En étant constamment au mouillage plutôt qu’en marina ou sur les quais, nous n’avons pas tant rencontré de gens (ok, ceux qui nous connaissent bien savent également que nous pouvons avoir un petit côté sauvage qui s’ajoute à ça…). Nous avons rattrapé le temps perdu ici par contre… C’est devenu un QG québécois Beaufort, du moins en ce moment. De nombreux voiliers se retrouvent, tout comme nous, breakés ici en raison de la température. Et comme nos amis de Fleurs des îles sont dans les parages à la marina, nous avons eu l’occasion d’en rencontrer plusieurs. Salut groupe ! Ces rencontres nous ont permis d’avoir quelques nouvelles de certains voiliers que nous avons croisés en début de périple dans les écluses, tous continuent leur chemin malgré les aventures et les surprises, visiblement, ce voyage n’est pas de tout repos pour personne.

Les projets du jours : lavage, installation d’AquaMap, sauce à spaghetti

Nous en avons profité pour être productifs un peu aujourd’hui. Tant qu’à attendre… Soyons prêts pour la suite… Pour ce qui est du lavage, c’est simplement une petite mention pour vous informer que les machines de la buanderie du General Store de Beaufort sont juste trop efficaces. Pour ceux qui voyagent et dépendent des buanderies, vous devez comprendre… Il n’est pas rare d’y passer des heures éternelles parce qu’il faut attendre pour 2 cycles de séchages par exemple… Pas ici ! Nous avons réussi à finir toutes nos brassées (même pliées) avant l’heure du lunch. Wow.

Sinon, lors d’une visite à Fleur des îles, nous en avons profité pour installer l’application AquaMap sur la tablette. AquaMap pourra nous donner un coup de main pour la navigation de 2 façons considérables pour nous. 1. Nous pouvons y uploader les tracks (les routes) de Bob423. Bob423 est un voileux qui fait l’ICW toutes les années, et qui collabore, entre autres, avec Waterway Guide. Chaque année, il met en ligne les tracés de ses routes enregistrées live, et il est possible de les télécharger. Comme il connaît bien l’ICW, il sait où passer, et quoi surveiller à chaque année. Le souci, c’est que ces tracks doivent être lues avec un GPS quelconque. Et le GPS que nous avons est tellement petit et l’antenne est tellement poche, que nous ne trippons pas tant à l’utiliser. C’est là qu’AquaMap arrive dans le portrait… On peut y importer des routes. Donc nous avons maintenant accès aux routes de Bob423 via l’application. De 2 maintenant. Avec AquaMap, on peut downloader en local les infos d’Active Captain et de Waterway Guide. De cette façon, lorsque nous allons nous retrouver dans des endroits sans réseau, nous pourrons continuer à avoir accès à des données utiles à notre navigation tels que les endroits pour mouiller l’ancre et bancs de sable récents à surveiller.

Et finalement, tant qu’à avoir du temps… nous en avons profité pour faire un peu de bouffe d’avance, comme une simple sauce à spaghetti. Avec le temps froid, du confort food chaud est tout à propos…

Le bout ça a passé proche du jour : la tornade d’hier matin

Cela s’est confirmé aujourd’hui, il y a bien une tornade qui est passée dans le coin à à peine quelques miles d’où nous avons passé la nuit hier. Il s’agissait d’une petite tornade toutefois, avec des vents à seulement (?!) 85-90 miles à l’heure (135-145 km/h). Il y aurait eu quelques dommages et des coupures d’électricité. Bref, le warning était vrai.

Et pour la suite ?

Selon les prévisions, demain sera la pire journée côté vent. En fait, cela a commencé aujourd’hui en fin de journée, et devrait se poursuivre jusqu’à 15 h demain. Les plus grosses rafales sont prévues dans la matinée. Donc nous sommes consignés à Nuage jusqu’à la fin des vents, il y a plusieurs bateaux dans le mouillage, on doit rester à l’affût. En discutant avec les gens, certains affirment que la fenêtre pour naviguer devrait s’ouvrir vendredi (nous sommes mercredi), à suivre…

À propos du mouillage choisi

Mile ICW : 204.0, Coordonnées : 34°42.812’N 076°39.823’W
Nous sommes toujours au même endroit. Aujourd’hui, nous avons fait la rencontre d’un voileux qui décidé d’élire domicile à Beaufort (un états-unien). Il nous a appris qu’il n’a pas pu rester dans la zone de mouillage où nous sommes puisqu’il semblerait qu’ils demandent aux gens de partir après 10 jours. Nous n’avons pas de double confirmation sur cette information, mais cela peut être bon à savoir tout de même. En cas de température non-favorable pour un départ, on s’entend toutefois qu’ils doivent être un peu flexibles…

 

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

Beaufort à Beaufort : retour au point de départ

13 novembre 2018

Throwback 11 novembre. Nous sommes revenus aujourd’hui à notre point de départ de Beaufort : Taylor Creek. Eh oui, vous avez bien lu et compris… Nuage est de retour sur la track ! Ce matin, nous avons eu la visite de Cameron, un mécano de Jarret Bay, qui est venu faire les petites réparations sur le shaft et le remettre en place. Tout a bien été. Aucune autre surprise. Évidemment, il nous a recommandé de sortir Nuage de l’eau, mais nous avons décliné l’offre. Selon les observations de Dominic, ce n’est pas pire, ni mieux qu’avant notre péripétie de la butte de sable, donc nous sommes all set pour continuer 😊

Malgré tout, cette journée n’a pas été de tour repos…

Le bout oh no vous ne dormirez pas cette nuit non plus !

Il annonçait du gros temps pour la nuit… mais jamais nous aurions cru nous rendre à un Tornado Warning ! Vers 4 h du matin, le cellulaire s’est mis à buzzer et crier. C’était une alerte à la tornade dans le périmètre assez rapproché. Des petites recherches rapides nous ont confirmés qu’il y a 2 stades d’annonce : Warning et Watch. Watch c’est restez à l’affût. Warning c’est… allez vous cacher. On est dans un voilier. La seule cachette à notre disposition sont les toilettes… Dominic, qui est brûlé et tient à sa nuit ne veut pas trop entendre l’alerte. Andrée-Anne pour sa part est un peu plus anxieuse… Bref, pour nous rassurer (lire ici rassurer Andrée-Anne), nous avons été faire un petit tour dans le « lounge » de la marina où nous avons pu capter le canal météo. Et il y avait effectivement une alerte exactement où nous étions. Nous avons donc attendu patiemment que l’alerte se termine à 5 h du matin. Et nous n’avons pas vu la tornade. Par chance. Allons dormir un peu…

Et pour la suite ?

Idéalement, nous aimerions repartir de Beaufort rapidement. Mais la météo est juste trop pas bonne. Nous pourrions possiblement faire un petit bout demain, mais ceci implique une navigation assez sportive, des vents entre 15 et 25 kn sont annoncés, pas sûrs que cela nous tente, même si nous savons que nous sommes capables. Si nous partons demain, nous pourrions atteindre Camp Lejeune, notre destination initiale d’hier, mais le souci est que le temps annoncé pour les 2 jours suivants n’est absolument pas favorable, ce qui implique que nous risquons de passer 3 nuits à Camp Lejeune. Ce n’est pas tant le genre de place que tu veux passer 3 nuits, il n’y a pas de services et tu ne peux pas aller à terre, le tout combiné à probablement des essais militaires, c’est bof comme ambiance pour 3 jours. Bref, nous allons décider demain matin au réveil si nous partons, c’est la meilleure chose à faire pour le moment.

À propos du mouillage choisi

Mile ICW : 204.0, Coordonnées : 34°42.812’N 076°39.823’W
Nous sommes de retour à notre mouillage de Beaufort. Notre ami à 100’ de chaîne est toujours là. On se croirait de retour à la maison… Rien à signaler de nouveau.

Les photos du jour

 

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

De Beaufort à… Beaufort : pas de niaisage, on s’enlise à peine 1 heure après notre départ

12 novembre 2018

Ben voilà. Ce n’est pas pour rien que nous nous sommes entraînés à Deltaville il n’y a pas si longtemps… Qui aurait cru que cela arriverait si vite. Nous considérions prendre la mer, entre autres, à cause des chances de pogner le fond dans l’Intracoastal. Nous voulions nous éviter ce stress. Mais comme la météo n’est pas du tout favorable, nous avons opté pour le chemin intérieur. Et nous avons été gâtés.

La journée a commencé d’une manière tellement merveilleuse. C’était tellement cliché… Nous nous sommes levés tôt et sommes partis au levé du soleil. Près de Nuage, sur l’île nous protégeant des vagues et du vent, 7-8 chevaux sauvages prenaient leur petit déjeuner. Quelques centaines de mètres après être partis, ce sont les dauphins qui se sont mis de la partie pas très loin de nous, tandis que les pélicans cherchaient eux aussi leur petit déjeuner. Bref, vous voyez le portrait ? C’était magique…

Et une heure plus tard…

C’est rare qu’un événement plate arrive seul en bateau. En général, c’est une série d’événements qui se succèdent qui créent une finale poche. Et c’est ce qui est arrivé aujourd’hui, laissez-nous vous raconter notre journée…

Comme à l’habitude, nous étions sur une bonne lancée moteur et génois. Il y avait un bon petit vent, donc nous allions à quelques 7 kn, une bonne vitesse. Et là, est arrivée la bouée verte 7A… Qui, pour une raison inconnue, est du mauvais côté du chenal officiel, plutôt que d’être du côté bâbord (pour nous) du chenal, elle est du côté tribord, ce qui veut dire qu’à cet endroit, nous devons sortir du chenal officiel pour prendre la bouée verte à bâbord. Vous nous suivez ? Jusqu’ici, ce n’est pas si pire. Mais le souci… c’est qu’il y a une petite crique vis-à-vis cette bouée, Spooner Creek, et l’entrée de cette crique est balisée par des bouées. Ce qui, avec le fait que la bouée est du mauvais côté du chenal, peut causer une confusion momentanée. Et c’est ce qui nous est arrivé… Le Capitaine, croyant que la bouée était pour la crique, a continué son chemin dans le chenal officiel avec le bon vent qui nous aidait… et pouf ! Nuage s’est instantanément arrêté sur un banc de sable, là c’était clair que nous n’allions pas sortir de là qu’avec quelques coups de roue…

Jusque-là, ce n’est pas si pire. S’échouer sur un banc de sable, c’est plate, mais ce n’est pas dramatique. D’autant plus que nous sommes assurés avec BoatUS, donc nous n’avons qu’à les appeler pour qu’ils viennent nous déprendre (BoatUS, à titre d’info, c’est comme un CAA, mais sur l’eau, c’est indispensable quand tu fais l’ICW). La suite maintenant… Dominic, l’orgueil un peu ébranlé, demande à Andrée-Anne d’appeler BoatUS. Le temps de sortir les papiers, trouver la position du bateau, préparer ce qu’il faut dire, Dominic tente de se déprendre avec des manœuvres de roue. Et un bateau moteur type trawler avec un gentil couple à bord arrive. Des bons samaritains. Donc, tant qu’à appeler BoatUS et attendre on ne sait pas combien de temps, on se lance dans une tentative de désenlisage avec le bateau moteur. Qui, après quelques allers et retours en dinghy avec un câblot (il faut être très prudent, ce n’est pas le temps qu’un câblot prenne dans l’hélice), a fonctionné. Alléluia, nous pouvons continuer notre route ! Not…

Et non. C’est à ce moment que Dominic réalise que Nuage ne répond plus aux commandes moteur, il ne se passe juste rien, impossible de reculer ou d’avancer au moteur. Si nous avançons, c’est simplement parce que nous avons notre génois ouvert, c’est le vent qui nous pousse… Drame. Nous avons tué la transmission. Du moins, c’est ce que Dominic pense. Là, c’est sérieux. Le moral des troupes s’effondre. Notre bon samaritain revient pour voir ce qui se passe, nous lui annonçons candidement que la transmission est morte, qu’il peut continuer son chemin, nous allons appeler le remorqueur.

Jusqu’à ce que… Dominic ouvre les coffres et jette un coup d’œil au moteur. Pour réaliser que c’est en fait l’arbre d’hélice (le shaft) qui est débarqué du coupling. Donc, en simple, la tige de métal qui tient et fait tourner l’hélice n’est plus reliée au moteur. Ouf, ce n’est pas la transmission ! Mais c’est clair que nous n’irons pas nulle part aujourd’hui avec un arbre d’hélice décroché. Et là, bang encore. Les quelques secondes que Dominic a lâché la roue ont permis à Nuage d’aller se reprendre dans le sable. On appelle BoatUS… Et on croise les doigts que ce ne soit pas trop majeur.

Une heure plus tard, nous sommes bien accrochés derrière notre sauveur. Comme nous ne connaissons pas l’ampleur des dégâts, nous devons être remorqués à une marina qui a du service et un lift pour nous sortir de l’eau au besoin. Chris, notre gentil remorqueur s’occupe de trouver l’endroit. Sauf que… en soirée, de gros vents sont annoncés. Ça veut dire quoi ça ? Ça veut dire que toutes les marinas du coin sont pleines… Nous nous sommes donc retrouvé environ 8 miles plus loin, avant l’ancrage que nous étions au début de la journée… Bref, nous avons reculé plus que nous avons avancé aujourd’hui finalement.

Heureusement, l’endroit où Chris nous a amenés a une excellente réputation. Ce n’est pas une marina, c’est en fait un énorme boat yard, avec 2 quais pour accommoder au besoin. Nuage a l’air d’un canot ici, les bateaux qui y sont entreposés sont d’abord énormes, et en quantité industrielle. Il y a tout ce que tu veux pour travailler sur ton bateau. Et du staff en masse. Mais le staff est particulièrement occupé à ce temps-ci de l’année. Et nous, nous sommes des peanuts ici (sans aucune exagération). Nous avons dû parler à quelques personnes pour nous démêler un peu (le dockmaster, le service manager, le on ne sait pas qui….), bref, ce n’était pas simple de s’y retrouver avec tous ces messieurs hyper occupés à rouler partout dans la cour à bateau sur leur voiturette de golf, cellulaire à la main, une belle gang de marshals en action. Malgré tout, ils ont réussi à nous envoyer Scott, un mécano qui semblait connaître son affaire, pour venir diagnostiquer le tout. Selon lui, le shaft est parti à cause de mauvais ajustements de vis, les trous pour accueillir les 2 vis du coupling dans le shaft ne seraient pas assez profonds. Bref, on doit attendre que quelqu’un puisse venir travailler sur Nuage et percer ces trous un peu plus. Peut-être aujourd’hui, ou peut-être demain. Il faut être patient…

Le bon côté de tout ça ? C’est que nous passerons la nuit dans une marina… ce qui veut dire… Wi-Fi et douche ! C’est si simple le bonheur…

Le bon coup du jour : le collier de serrage (clamp) sur l’arbre d’hélice (shaft)

Tout cette aventure aurait pu être bien pire si Dominic n’avait pas pris la brillante initiative de mettre un collier de serrage sur le shaft. Le collier, bien serré autour du shaft, a en fait servi à empêcher le shaft de sortir complètement du bateau. Parce que le shaft passe au travers d’un presse-étoupe et d’un tube d’étambot qui est le joint entre l’intérieur du bateau et l’extérieur, soit sous l’eau. Si le collier n’avait pas été là, le shaft aurait pu complètement glisser hors du bateau… ce qui aurait été pas mal plus grave puisque de 1. nous aurions perdu notre shaft et notre hélice, et de 2. l’eau se serait dangereusement mise à entrer dans le bateau. Bravo Capitaine pour cette sécurité supplémentaire ajoutée ! Un 0.50 $ bien investi !

Et pour la suite ?

Il semblerait bien que nous serons pris dans le coin de Beaufort pour un bon petit bout… La météo fait vraiment dure ces temps-ci. Donc même si tout est réparé demain pour Nuage, nous ne savons pas quand nous pourrons quitter le coin. Cette nuit, de très bons vents sont annoncés… pensez-vous que nous aurons une bonne nuit ?

À propos de la marina

Coordonnées : 34°48.336’N 076°41.085’W
Elle se nomme Jarret Bay. Ce n’est pas un arrêt que nous considérions nécessairement en route puisque ce n’est pas une marina en soit, mais en cas de besoin, cela peut faire l’affaire. Toutefois, si tu as du travail à faire sur ton bateau, c’est l’endroit qu’il faut aller. Tout est sur place. Le hic, c’est que c’est un peu loin de la ville, donc si tu dois sortir, c’est taxi. L’endroit pourrait aussi être considérer pour entreposer un bateau quelques mois au besoin, des fois que…

Les photos du jour

 

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

Beaufort à Beaufort : bonjour les chevaux sauvages

11 novembre 2018

À Beaufort (Bo-Fort qu’il faut dire), il y a des chevaux sauvages. Malade quand même ! Et il y en aura d’autres aussi durant notre voyage il paraît. Qui sait ça que ça existe encore des chevaux sauvages ? Bref, au mouillage où nous sommes, il n’y pas seulement des dauphins, il y a aussi des chevaux ! C’est clair, on se peut pus. La faune nous énerve ben trop ici.

Aujourd’hui, nous avons eu une petite journée tranquille à Beaufort. Nous avons profité de notre non-départ pour d’abord faire une grasse matinée, c’est dimanche après tout, et nous avons ensuite été faire quelques courses et passer un peu de temps sur le web au M jaune question de vous partager quelques articles.

Et derrière le décor, il y a quoi ?

En général, les bords de l’eau sont assez beaux partout. C’est de même peu importe où tu es, que ce soit au Québec, ou aux États-Unis. Sur le bord de l’eau, tu as des grosses maisons, des beaux commerces, du beau monde, de l’argent bref. Comme nous voyageons sur notre Nuage, c’est ce que nous voyons la plupart du temps. Mais c’est lorsque tu t’aventures un peu plus loin dans les rues que tu découvres les États-Unis… Ça ne va pas bien ici en passant. On peut comprendre que l’électorat soit tanné… Dès que nous nous promenons un peu, nous tombons toujours sur des quartiers dans des drôles d’états. Des maisons délabrées, des commerces fermées, des rues principales désertes… Beaufort ne fait pas exception malheureusement. Et pour ajouter un peu plus à la tristesse de la chose ici, il y a eu l’ouragan Florence qui est passé il n’y a pas si longtemps… Les traces sont encore visibles : des toitures arrachées, des branches d’arbre en quantité à ramasser, des clôture affaissées… C’est assez fascinant de voir le clash entre les rues animées et les autres, on voit clairement la coupure entre les riches et les pauvres, au contraire de l’image que les États-Unis aimeraient bien projeter…

Et pour la suite ?

Demain semble être une belle journée pour partir. Mais pas en mer… Nous allons prendre l’Intracoastal, qui, ici, longe la mer, mais par l’intérieur. C’est un peu comme si nous étions en mer (avec un peu d’imagination). Notre objectif est de nous rendre à quelques 40 miles nautiques plus loin, à Camp Lejeune, une base d’entraînement militaire qui dispose d’un basin où nous pouvons mouiller l’ancre. Il semblerait que nous pourrions être témoins d’entraînements assez réels… On ne sait pas si on va bien dormir…

À propos du mouillage choisi

Mile ICW : 204.0, Coordonnées : 34°42.812’N 076°39.823’W
Nous sommes toujours au même endroit

Les photos du jour

 

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

Oriental à Beaufort : quand tu es accueilli par les dauphins…

10 novembre 2018

Encore une petite route à faire aujourd’hui. Seulement une vingtaine de miles nautiques. La fraîche nous a rattrapé ce matin, il fait un peu plus froid… Allez hop, on ressort les pantalons d’hiver. Et nous avons atteint Beaufort presque sans histoire…

L’acrobatie du jour : Dominic fait un vol plané du carré intérieur au cockpit extérieur

En plein route dans le canal d’Adams Creek, Dominic a décidé d’aller faire un petit tour de reconnaissance à l’intérieur question de voir comment le moteur se comportait. Jusqu’ici, tout va bien, cela fait partie des habitudes. Tellement, qu’il ne demande plus à Andrée-Anne de prendre la roue quelques minutes le temps de descendre. Cette fois-ci toutefois, cela a été un peu plus drôle. Un petit coup de vent s’est emparé du génois, et Nuage a pris la direction bâbord sans crier gare. Comme nous sommes dans un canal, le bord est proche… Andrée-Anne, qui était bien concentrée à raconter les aventures de Nuage n’a juste pas vu ce qui se passait. Jusqu’au moment où Dominic a carrément volé jusqu’à la roue pour rediriger Nuage dans la bonne direction. Heureusement, il n’y a pas eu de casse, seulement un beau bleu que Dominic gardera en souvenir quelques jours.

Le rappel du jour : suis tes cartes et tes bouées

Les chenaux que nous suivons sont la plupart du temps assez étroits et sinueux, même dans les plans d’eau larges. Nous avons eu un petit rappel de la part d’un cruiser (bateau moteur) qui est passé à toute vitesse à côté de nous près de l’entrée d’Adams Creek dans la Neuse River… Le chenal a cet endroit fait un crush de 90°, on peut facilement manquer une bouée et ne voir que la suivante, ce qui implique que tu te retrouves à couper le 90° (donc passer à 45°). Il a breaké raide le cruiser quand il a vu qu’il n’était plus dans le chenal… D’après nous, il s’est fait une belle petite frousse… Et nous, de notre côté, nous nous sommes rappelés de toujours rester vigilant…

Le highlight du jour : le passage du pont de Beaufort

En sortant d’Adams Creek, nous devions passer un pont. Encore une fois, comme à l’habitude, nous avons notre génois et le moteur. Et pas question d’enrouler le génois lorsque nous passons les ponts… Aujourd’hui n’a pas été l’exception. Et, question de féliciter le capitaine qui est tout heureux avec son génois, les dauphins nous ont accueillis de l’autre côté du pont 😊. Nous sommes encore au début de notre voyage, on s’énerve encore avec les dauphins, que voulez-vous…

Le bout on vit en société : 100’ de chaîne dans 7’ de profond

Pas facile des fois les mouillages… Cette fois-ci, lorsque nous sommes arrivés, un voisin est venu nous rendre visite. Comme nous venions d’arriver, nous l’avons gentiment accueilli avec notre kit du dimanche : nos combines et sous-vêtements pour nous garder au chaud, c’était d’un chic fou. Bref, on repassera pour la coquetterie. Il est en fait venu nous voir pour valider combien de chaîne nous avions mis pour notre ancre. Pour le petit cours pour les non-voileux, choisir la quantité de chaîne à mettre est bien simple : idéalement on met 5 fois la profondeur plus la hauteur du franc-bord (la hauteur du bord du bateau vs l’eau, en général, c’est autour de 3 pieds pour les bateaux de notre genre). S’il n’annonce pas trop de vent, 3 fois peuvent faire l’affaire amplement, et s’il y a du bon vent annoncé, on va à 7 fois. Donc, pour le calcul, ou nous nous sommes ancrés, il y a environ 7-8’ d’eau. Donc, si on fait un calcul moyen (8 + 3) * 5 = 55. Ça c’est la théorie. Évidemment, en pratique, tu fais bien ce que tu veux. Des fois, tu voudrais en mettre plus, mais comme la zone de mouillage est très achalandée, tu dois en mettre moins que la théorie. De plus, le type d’ancre que tu as peut également jouer sur ta décision. Et ça, c’est ce que notre voisin ne semble pas avoir compris. Il est donc venu nous voir pour nous dire de mettre 100’ de chaîne comme lui, question d’en avoir en masse au fond pour qu’il ne vienne pas nous cogner… Le souci, c’est que c’est achalandé ici… Et que nous avons un autre voisin de l’autre côté. Si on met 100’, on va aller cogner l’autre, simple… Bref, dude, veux-tu ben aller enlever de la chaîne et vivre en société stp. Nous, on va rester avec notre 50’ de chaîne + câblot, on fait confiance à notre Mantus 😉.

Le projet du jour : aller au Consignment Store

Visiblement, les temps sont mauvais pour les Consignment Stores du coin. Comme nous avions raté notre chance à Oriental, nous avons décidé de tenter celui de Beaufort. En vain. Celui-ci n’est pas juste à vendre, il n’existe juste plus. Nous nous sommes donc heurtés à une porte close et une boutique vide. C’est raté encore…

À propos de Beaufort

Nous avions des grandes attentes pour Beaufort. Et ça, on le sait, en bateau comme dans la vie, les attentes ce n’est pas toujours bon. Bref, c’est sympa comme petite ville, mais on en fait vite le tour. Il y a quelques boutiques et des restos sur le bord de l’eau. On peut faire une courte balade sur le board walk et c’est pas mal tout. L’ambiance est bonne et les gens sont sympas.

Et pour la suite ?

La météo ne semble pas très favorable finalement pour que nous puissions prendre la mer. À moins d’attendre plusieurs jours ici, ce qui ne nous avance pas du tout. Nous allons passer la journée de demain ici et en profiter pour prendre un peu de repos et décider ce que nous allons faire.

À propos du mouillage choisi

Mile ICW : 204.0, Coordonnées : 34°42.812’N 076°39.823’W
Nous avons mouillé à Taylor Creek, un mouillage assez achalandé. Il y a beaucoup de courant à cet endroit. Nous avions lu qu’il était recommandé d’ancrer avec 2 ancres, à la bahamienne, mais lorsque nous sommes arrivés, tous les bateaux présents n’étaient ancrés qu’à une seule ancre, donc pas question d’en mettre 2, des plans pour se faire cogner, nous allons suivre la parade avec les autres bateaux. Côté commodités, il y a un beau quai à dinghy tout près et on peut accéder à pied à l’intérieur de 2 km à épicerie, Dollar Tree, Ace (quincaillerie) et Wi-Fi (Gros M jaune). Et… il y a des dauphins dans la zone de mouillage 😊

Les photos du jour

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :