Partir aux Bahamas en voilier : par où commencer

Ou, par où avons-nous commencé de notre côté

Voilà, c’est dit. Nous avons, nous aussi, décidés de nous lancer dans la petite des grandes aventures en voilier. Que voulez-vous, il faut bien commencer quelque part 😉

La grande question lorsque le projet semble vouloir se forger une place un peu trop significative dans les pensées est : par où commencer? C’est bien beau « je veux partir en voilier vers le Sud », mais encore…?

Je vais essayer, bien lire ici : essayer, de vous aider en vous donnant quelques pistes.

D’abord, il est important de mentionner que partir en voilier est un projet accessible. Pour certaines personnes. C’est un projet qui, étonnement, nous rapproche de la simplicité tout en étant assez complexe. Mais accessible. Vous me suivez?

Laissez-moi exposer un peu mieux ma pensée. Depuis 2 ½ ans, nous caressons notre projet en y croyant par période beaucoup, et d’autres moins. Voici un peu notre courbe.

La courbe

  • Soyons fous, achetons un voilier ! Liberté…!!!
  • Ok, comment on gère ça au juste?
  • C’est merveilleux, je me vois déjà sur les mers du sud à l’aventure !!
  • Il faut un cours pour s’assurer?
  • 3 h de cours et je peux conduire un bateau? Malade ! Liberté…!!!
  • Ok, comment on gère ça au juste?
  • Partons dormir à l’ancre !
  • C’est quoi chasser….?
  • On va tous mourir !!!
  • Le plus beau réveil de ma vie, c’est indécent
  • Merde, il est ben proche le quai…
  • Partons vers le Sud ! Liberté…!!!
  • Merde. Je crois que nous venons de tuer la grand-voile…
  • Ça coûte combien une grand-voile?
  • On est all set, on part ! Liberté…!!!
  • Et ça, ça coûte combien?
  • C’est trop gros comme projet.
  • Au yable la dépense, liberté…!!!
  • Ok sérieux, il faut vraiment tout savoir… menuiserie, électricité, mécanique, plomberie, couture, et quoi d’autre ??
  • On va suivre des cours…
  • Au pire on partira l’an prochain.
  • Ok non on part, liberté…!!!
  • Ça coûte combien encore?
  • Ah pis go, on part ! Liberté…!!! 

Pour résumer le tout, ce que nous avons compris pour mener à terme ce projet (et on ne parle que du départ en ce moment), il faut simplement : commencer. Et ce, peu importe par où. Parce qu’une fois que c’est parti, cela devient totalement enivrant et une surprise n’attend pas l’autre.

Voici comment nous avons commencé notre projet.

Lire

Des blogues, des livres, tout ce qui se trouve. Voici quelques suggestions.

  • L’Intracostal, le guide
    • Je recommanderais cette lecture au tout début. Avant toute chose. Il y a tellement de contenu dans ce livre, c’est vraiment une bonne base pour se faire une tête sur l’ampleur du projet, qui est, rappelons-le, accessible !
  • Le blogue du voilier SurpriseS
    • Philippe Pelletier a une super plume. Il fait le voyage vers le Sud chaque année depuis des années et publie également un livre électronique à absolument avoir. Cette année, en 2018, il ne fera pas le voyage par contre, mais ses écrits restent .
  • Le cours des Glénans
    • Certains trouvent ce livre too much. Pas nous. Nous le considérons plus comme une bible. Tout y est pour découvrir la navigation à la voile.
  • Voile abordable
    • Ça jase pas mal sur le forum de Voile Abordable, on y traite de tout. Il ne faut juste pas se laisser refroidir par le look 1999 du site 😉
  • Et si c’était ça la vie?… (si vous arrivez à le trouver)
    • Ce livre date un peu, mais il se lit toujours aussi bien. C’est le récit de Yanik Aubé et Stéphanie Laniel qui ont fait le périple à un très jeune âge.
  • Notre blogue 😉
    • Nous avons raconté notre périple de Plattsburgh aux Bahamas sur le présent blogue en détails, vous seriez fous de vous en passer! 

Se perdre sur Youtube

Il y a tellement de vidéos sur la voile et les voyages. Voici quelques propositions :

Économiser

Pour partir, cela prend des sous, c’est plate de même. Évidemment, toutes les poches sont différentes, à chacun sa situation financière. Par contre, j’aurais tendance à croire que la majorité des gens n’ont pas un an d’économies. Donc, dès que le projet commence à germer, toutes (ou presque) les dépenses discrétionnaires doivent être minimisées. À vous de voir comment y arriver, mais c’est indispensable ! Et attention. Le monde nautique coûte cher, évaluez bien toutes les dépenses liées au projet, c’est facile de perdre le contrôle.

Visiter des marinas

Outre sur l’eau en navigation, c’est là que tout se passe ! Aller se promener parmi les bateaux autant à quai qu’en cale sèche et sentir la vibe, c’est vraiment motivant. Et qui sait, vous allez peut-être y faire des rencontres qui pourraient être significatives…

Se procurer un voilier et naviguer le plus souvent possible

En ce qui nous concerne, nous avons fait le saut assez vite. Dominic avait une bonne base en navigation, Andrée-Anne, pas du tout. L’aspect intéressant lorsque l’on passe à l’action, c’est qu’il devient difficile de reculer. Penser à consulter un expert maritime lors de l’achat peut être une bonne idée, cela aide grandement. Pour notre part, nous avons contacté Michel Duquet, et nous vous le recommandons sans aucune hésitation.

Quelques endroits pour magasiner son voilier

Prendre des cours

Nous avons opté pour des cours théoriques offerts par l’École de navigation de la Société de sauvetage. Ces cours nous ont permis de prendre un peu d’assurance dans certains volets :

  1. Navigation de plaisance
  2. Électricité à bord
  3. Mécanique diesel
  4. Navigation côtière intermédiaire
  5. VHF
  6. Objectif Sud

Outre l’aspect pédagogique, les cours sont également une excellente occasion de rencontrer des gens. C’est pratique de développer un réseau, et les navigateurs sont tellement fins 🙂

Conseil : les cours théoriques sont encore plus pertinents quand on peut mettre en pratique les apprentissages assez vite. Si on n’a pas de voilier, peut-être penser à prendre des cours pratique en complément.

Assister à des conférences

Dans la région de Montréal, il y a par exemple la Conam qui propose une programmation hivernale intéressante. Les conférences présentées sont sympathiques et abordables. Et il s’agit du rendez-vous des navigateurs du coin, donc un endroit idéal pour faire des rencontres !

Évidemment, il s’agit d’une liste bien sommaire basée sur notre début à nous. Des formules, il y en a tout plein, chaque navigateur a son parcours, et tous les navigateurs ont débutés à partir de rien un jour 😉

Dernière chose. Se lancer dans une telle aventure nécessite du travail, beaucoup de travail. C’est exigeant, mais je le rappelle, accessible. On doit développer une multitude d’habiletés, et ceci ne se fait pas instantanément. Il ne faut pas perdre le focus !

Sur ce, bon vent, nous, on part !

Des couvre-défenses simples et pas chers à faire soi-même

Un must pour toute coque, surtout pour celles dotées d’une peinture !

Niveau de difficulté : si tu couds déjà dans la vie, facile. Si tu n’as jamais cousu, c’est un bon projet pour apprendre­­ !

Nuage a une peinture capricieuse sur sa coque. Lors de l’inspection, on nous a recommandé de faire des couvre-défenses en ratine pour éviter que les défenses endommagent la peinture. Pour la première année, c’est ce que j’ai fait pour les défenses qui sont venues avec le bateau. J’ai acheté une ratine assez cheap, des serviettes à 6­ $ chez Wal-Mart : une serviette = un couvre-défense. Les couvre-défenses ont réussi à survivre tout l’été, mais ils étaient dans un état assez pitoyable à la fin de l’été, ils étaients décolorés. et complètement désagrégés au bas. Ce qui m’a amené à ce constat : il va falloir faire une réserve de couvre-défenses et ce, à chaque année­­ ! Et la ratine, pas sûre…

Pour nos belles nouvelles défenses, je me suis lancée à la recherche d’une nouvelle solution. En consultant quelques forums de discussion, le tissu qui revenait le plus souvent­ : fleece ! Mais là, on parle de quel fleece… Si on traduit directement, on parle de Tissu molletonné. Ah bon. J’ai donc pris la décision de faire mes couvre-défenses en polar, et voir tout au long de l’été si cette décision est la bonne. Je me suis dit­ : c’est un tissu synthétique, pas tissé, ne s’effiloche pas, doux… Il présente certains avantages qui peut-être vont permettre aux défenses d’avoir un meilleur look à la fin de l’été. À suivre… Mais je garde tout de même en tête que ce projet risque d’en être un annuel­­ !

Le projet en soi

J’ai choisi de suivre la méthode décrite dans cette vidéo de Sailrite (Ok, si tu ne connais pas Sailrite et que tu aimes coudre, et que tu aimes la voile, go, va voir ce site tout de suite. Fin du conseil).

Dans mon cas, je n’ai pas mis d’œillets, mais je prévois en mettre pour la prochaine fois, ça va faire plus beau. Et pour le fil, comme ma machine actuelle est un peu limitée pour les durs labeurs, j’ai dû utiliser un fil régulier, et non un fil extérieur UV qui bloquait constamment dans la machine…

Matériel pour mes 8 couvre-défenses* :

  • 4 mètres de polar Blizzard, acheté chez­ : Tonitex
  • Du fil UV (quand la machine veut le prendre), acheté chez Machine à coudre Asie
  • De la corde : je cherchais une corde qui se noue bien… J’ai fini avec des lacets pour des bottes tout simplement, sinon, la paracorde peut être une bonne option.
  • Des œillets (pour la prochaine fois !) – Je vais tester avec un petit kit trouvé sur Amazon*.

* Les défenses sont des : Polyform HTM-3 (10 1/2″ X 27″)

Sinon, quelques outils peuvent être utiles (outre la machine à coudre)…

  • Aiguille 16/80 tout usage
  • Craie pour tissu
  • Ruban à mesurer
  • Ciseaux
  • Équerre et règle
  • Wonder Clips* (ça tient bien le polar qui est épais et qui peut glisser)

Et voilà les défenses recouvertes­­ !

MAJ juin 2017

Les défenses sont installées. Elles ont fière allure sur Nuage !

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MAJ octobre 2017

Bonne nouvelle­­­­­­ ! Les couvre-défenses ont survécu sans problème à une saison entière au soleil. Ils ont perdu un peu de couleur, le noir tire maintenant sur le gris, mais aucune autre déterioration ne peut être observée. Projet officiellement recommandé !

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Bon vent !

Andrée-Anne


* Je fais partie du programme Amazon associates. Voir ce que cela signifie.