Miami Beach à Miami Beach, FL

Ben voilà, on avait prévu rester que quelques jours à notre ancrage de Miami Beach, mais là… il n’y a juste aucune fenêtre météo qui nous convient qui s’ouvre. En date d’aujourd’hui, il nous reste encore une semaine à attendre, minimum, on croise les doigts que la prochaine ouverture avec du vent du sud soit la bonne. Nous serons donc à un mois d’attente pour notre fenêtre. On ne s’attendait pas du tout à ça. C’est la vie avec les éléments…

Jasons météo un peu

Après le moteur, c’est quand même notre 2e sujet préféré, on ne l’oublie pas! Après quelques discussions avec des voileux plus expérimentés que nous, nous avons eu la confirmation : ce n’est vraiment pas un bel hiver cet année. Ce n’est pas courant d’avoir autant de vent, et surtout, que celui-ci fasse des tours de cadran aussi rapide. Pour l’exemple, en 2 semaines ici, nous aurons eu droit à 3 fronts froids du nord. Ces fronts froids, en plus d’être froids, amènent du bon vent qui nous empêche de traverser vers les Bahamas.

Parce que pour traverser, ce que cela nous prend, c’est du vent qui se situe entre le sud-est et l’Ouest, en passant par le Sud, et pas super fort idéalement. Donc, un vent de 15 nœuds maximum qui permettra de ne pas trop gonfler la mer. Surtout, il ne doit pas y avoir de composante nord dans le vent. Pourquoi? Parce qu’il faut traverser le fameux Gulf Stream, ce courant chaud qui monte vers le Nord et qui rejoint l’Europe. Un vent du nord est un vent contraire au sens du courant, ce qui fait que… la mer se démonte totalement. Et peut devenir dangereuse. Ce qui est fascinant avec cette traversée, c’est qu’elle n’est pas longue, on parle d’une quarantaine de miles nautiques, ce n’est rien, mais ce 40 miles nautiques est coupé par le Gulf Stream, ce qui complique la chose énormément.

L’autre élément que l’on doit regarder pour traverser, c’est la nature des vagues. Et là, comme le vent est fort constamment, de la bonne vague se forme dans la mer. De la grosse vague, ce n’est pas si grave en soit (quoi que), mais, il y a un autre élément à considérer outre la grosseur : l’intervalle de temps entre les vagues. Idéalement, tu recherches le ratio le plus petit possible vague vs intervalle, et minimalement d’un demi. Un exemple concret serait de la vague d’un pied avec une intervalle de 2 secondes. Tant que le ratio est petit, tu es en business. Mais là, ce n’est pas ça qui arrive de ces temps-ci. Également, ce qui est bon à savoir, c’est que les prévisions présentent la moyenne de hauteur de vague, ce qui veut dire que s’il est prédit 2 pieds au 4 secondes, c’est totalement possible que tu reçoives du 4 pieds au 4 secondes, et du 1 pied au 4 secondes. Bref, comme ce ne sont que des prévisions basées sur la moyenne, il n’est pas rare d’avoir une mer beaucoup plus grosse que ce que tu crois qui est annoncée.

Pour les visuels, voici un exemple de prévisions météo tirées de l’application Sailflow. On y voit le vent prédit en haut (le gros rouge…), et en bas, en bleu, ce sont les vagues. Ces prévisions sont tout le contraire de ce que nous cherchons.

Normalement, les conseils sont d’avoir une fenêtre idéale (vent du bon bord, vague respectable), pour une fenêtre prévue de 48h, ainsi, tu ne prends pas trop de risque et tu as de la marge de manœuvre (les prévisions, c’est rarement parfait). Également, il est conseillé de laisser le temps à la mer de se calmer de ses vagues qui viennent du Nord. Une bonne fenêtre peut te permettre d’aller à Bimini (environ 40 miles nautiques, 9-12 heures en voilier – le plan le plus simple), ou même de te rendre à Chub Cay ou à Nassau plus loin.

Là, ce qui se passe ces temps-ci, c’est que le vent fait un tour du cadran par semaine en général, ou plus. Donc il passe de l’Est, va au Sud, à l’Ouest et ensuite au Nord. Notre fenêtre devrait être normalement lorsque le vent arrive au Sud, mais le souci, c’est que le vent est toujours au-dessus de 15 nœuds. Un vent de la sorte, ça forme une vague. Et comme le tour va vite, la vague se retrouve à être formée, et dans tous les sens, ce qui fait que… on ne peut juste pas savoir comment cela se passe dans le Gulf Stream. Le vent ne reste pas assez longtemps au Sud (et il est fort en plus) pour assurer une traversée sécuritaire. On est loin de notre 48h… Certains prennent des fenêtres plus « intenses » et trouvent leur compte, ils choisissent de se faire brasser pendant 12 heures. C’est possible, mais c’est dur sur l’équipage et sur le bateau. Donc on attend la bonne fenêtre, et on met en pratique une compétence essentielle à développer en navigation afin de ne pas se retrouver dans de facheuses conditions : la patience. Qui, en ce moment, est mise à rude épreuve puisque l’envie de partir nous tiraille pas mal. Et comme nous sommes pris ici, nous en profitons pour visiter le coin et apprécier notre séjour à Miami.

La grande question : est-ce normal?

Pour notre part, ce n’est que notre 2e hiver en tant que voileux dans les parages. Donc, c’est difficile de se baser sur notre expérience. Ce qui est sûr, c’est que c’est normal d’attendre lorsque l’on fait de la voile ainsi. Même lorsque nous étions au lac Champlain, il nous arrivait d’attendre que le temps deviennent plus propice à une sortie. Et parfois, on ne faisait qu’attendre, et on revenaient bredouilles à Montréal… Ce que nous sortons de nos conversations et nos lectures, c’est qu’il s’agit d’un hiver difficile cette année. Les tours de cadran sont rapides, les fronts du nord sont forts, et longs. Et la navigation est difficile pour plusieurs. Certains plus expérimentés vont jusqu’à soupçonner les changements climatiques. Bref, cela fait jaser le monde pas mal…

Petite visite l’autre bord du pont : on va voir Wynwood

Wynwood, c’est un genre de quartier industriel qui a été pris en otage par des artistes qui y ont fait des murales partout. Donc le plaisir à Wynwood, c’est d’aller se promener. C’est un peu « edgy » comme quartier, on sent qu’il y a eu une tentative de revitalisation, ou de création d’un hood culturel/hipster (Wikipédia dit : pôle culturel urbain), mais que cela n’a pas tant fonctionné. Il y a beaucoup, beaucoup de locaux à louer. Et comme c’est industriel, il ne semble pas y avoir beaucoup d’édifices à logements. La fille qui a travaillé un peu dans une Société de développement commercial se demande comment des gens d’affaires et des promoteurs ont pu imaginer qu’ils arriveraient à faire vivre un quartier avec seulement des murales, des bars et des restaurants… Il me semble que des résidents, c’est quand même important dans ce type d’équation. Mais bon, il y a clairement des informations que nous n’avons pas sur le sujet, donc on va se passer de jugement.

Donc, quand on va à Wynwood, on y va pour l’ambiance, concentrée pas mal au centre, autour de l’attraction Wynwood Walls, qui est en fait une galerie à ciel ouvert, ouverte à tous. On y trouve des plus petites murales, et des œuvres à vendre. Si on veut sortir les sous, on peut également faire une visite guidée du quartier pour découvrir les plus grandes murales. Pour notre part, nous avons choisi d’errer librement. Somme toute, c’est super sympa comme balade, et une excellente manière de passer le temps.

Pour s’y rendre, nous avons pris l’autobus 110 (J), qui peut être prise à partir de la 41e rue, et qui nous amène directement l’autre côté du pont dans le quartier Wynwood. Ensuite, nous avons marché, mais nous aurions également pu prendre le trolley gratuit, qui est, aussi disponible du côté de Miami. C’est tu pas fin ça de la part de Miami de mettre des autobus vintages gratuits comme ça partout!

Le classique : la balade à South Beach

À South Beach, il y a de l’action. On y trouve tout ce qu’il faut pour se divertir : une plage (évidemment), un board walk, une rue super animée (Ocean Drive), une rue piétonnière avec boutiques, restos et galeries (Lincoln) des restos à profusion, et des beaux bâtiments Art Deco tous plus plaisants les uns que les autres à regarder. Donc, tant qu’à attendre, nous sommes allés nous promener. C’était, encore une fois, bien plaisant.

D’autres activités en vrac que nous faisons dans le coin

La découverte du coin en dinghy

Une activité à faire aussi est de prendre le temps de se promener dans les canaux du coin en dinghy. Ils sont tous reliés, donc on peut faire une boucle.

Tenter de reconnaître les célébrités que nous voyons – Only in Miami

Quand ce n’est pas au terrain de tennis, c’est directement à partir de Nuage. Au mouillage, nous sommes juste à côté du beau gros bateau de Jamie Foxx, et quand il est dans le coin, les gens, étrangement, le savent… Lors d’une petite fête à la maison, nous avons vu de nombreux bateaux s’approcher pour tenter de voir la vedette. Pour notre part, comme nous sommes dorénavant voisins, nous avons eu la chance de le voir tenter de maîtriser son jet ski. Ouf, on se sent privilégiés là. Sinon, au tennis, on est à Miami, donc… même sur les terrains publics, on tombe sur des pros. Nous avons eu le privilège de voir Gastao Elias s’entraîner sur « notre » terrain. Bon, en ce moment, il n’est clairement pas à son top si on regarde sa fiche, mais il a déjà été 57e, c’est plutôt bien comme position. Et les balles, n’en sont pas moins impressionnantes. C’était tellement intimidant pour Andrée-Anne qui voulait frapper quelques balles que nous n’avons pas pris le terrain disponible à côté d’Elias et avons attendu qu’un terrain plus éloigné se libère. C’est gênant une balle rouge dépressurisée qui se retrouve dans les pattes d’un pro quand même… Bref, cela passe quand même bien le temps de simplement regarder un pro frapper d’aussi proche.

Aller à la plage, bien sûr

On serait fous de s’en passer. L’eau est belle ici quand même. Et la plage est étonnamment belle pour une plage en ville. Une bande d’arbres a été laissée entre les édifices et la plage, donc c’est agréable. Il y a beaucoup d’espace utilisé pour les chaises et parasols à louer, mais on peut tout de même facilement trouver un petit coin pour s’installer.

Et pour la suite?

On va bouger bientôt! Prochain arrêt prévu : nous allons tenter d’aller nous ancrer au Marine Stadium, avant de traverser vers les Bahamas. Nous aurions bien aimé aller nous installer à No Name Harbour, mais avec les fenêtres qui sont si peu fréquentes en ce moment, No Name Harbour est assurément rempli totalement. En ce moment, une fenêtre se dessine pour la fin de la semaine prochaine. Rien n’est gagné, c’est encore tôt, donc nous allons attendre au début de la semaine pour bouger. D’autant plus que notre 3e front du nord s’en vient au courant du week-end… Notre mouillage actuel a été testé et approuvé pour les fronts du nord, donc on va le prendre ici.

À propos du mouillage à Miami Beach (Sunset islands)

Coordonnées : 25°48.537’N 080°8.402’W
18 février 2020 au …

Nous avons fait de nouvelles découvertes dans le coin 😊 Une pas pire intéressante est : de l’eau! Ben, oui, un truc assez vital quand même… Donc la solution ici en théorie est le quai des policiers près de Belle Isle. Le souci, c’est que l’accès dépend pas mal des états d’âme des policiers, donc ce n’est pas clair si on peut. Mais! Nous avons trouvé une autre solution… Soit le Shell sur la 41e rue. Il y a un boyau qu’on peut utiliser tout simplement dans le petit terre-plein en avant de la station. Simple de même. Ce n’est pas proche proche, il faut marcher un peu, mais cela fait une activité de plus à faire… Sinon, nous avons également découvert que le Publix auquel il est possible d’accéder via un quai dans le petit canal vis-à-vis Belle Isle, est en fait un 2e Publix. On le trouvait d’ailleurs plutôt ennuyant, la section des fruits et légumes est dérisoirement minuscule. Tout s’explique… À seulement 5 minutes de marche, il y a un énorme Publix avec tout tout tout. Fallait le savoir.

Quelques photos en vrac

La carte de notre périple

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici : http://bit.ly/JournalNuage
 

2 commentaires sur « 22 février au 5 mars | Quand la fenêtre météo n’arrive juste pas… »

  1. Bonjour à vous deux , félicitation pour votre site . Deux ans que nous vous suivons , suffisamment pour nous donner le goût de partir en 2020. Vos informations et commentaires nous permettrons de rendre notre première expérience agréable. Équipage de Alter Ego I, départ de Quebec juin 2020.

  2. Merci Michel pour votre commentaire 😊 C’est génial pour nous de savoir que nos histoires peuvent inspirer d’autres navigateurs et navigatrices! Nous vous souhaitons une belle préparation au départ, cette période est tellement excitante, et également un beau voyage qui va assurément vous amener des expériences et des souvenirs incomparables. Si les astres sont toujours alignés l’hiver prochain, nous serons dans les parages de la Floride et des Bahamas pour une 3e saison, au plaisir d’y faire votre rencontre 😎 Bon vent à Alter Ego et son équipage!

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