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De Beaufort à… Beaufort : pas de niaisage, on s’enlise à peine 1 heure après notre départ

12 novembre 2018

Ben voilà. Ce n’est pas pour rien que nous nous sommes entraînés à Deltaville il n’y a pas si longtemps… Qui aurait cru que cela arriverait si vite. Nous considérions prendre la mer, entre autres, à cause des chances de pogner le fond dans l’Intracoastal. Nous voulions nous éviter ce stress. Mais comme la météo n’est pas du tout favorable, nous avons opté pour le chemin intérieur. Et nous avons été gâtés.

La journée a commencé d’une manière tellement merveilleuse. C’était tellement cliché… Nous nous sommes levés tôt et sommes partis au levé du soleil. Près de Nuage, sur l’île nous protégeant des vagues et du vent, 7-8 chevaux sauvages prenaient leur petit déjeuner. Quelques centaines de mètres après être partis, ce sont les dauphins qui se sont mis de la partie pas très loin de nous, tandis que les pélicans cherchaient eux aussi leur petit déjeuner. Bref, vous voyez le portrait ? C’était magique…

Et une heure plus tard…

C’est rare qu’un événement plate arrive seul en bateau. En général, c’est une série d’événements qui se succèdent qui créent une finale poche. Et c’est ce qui est arrivé aujourd’hui, laissez-nous vous raconter notre journée…

Comme à l’habitude, nous étions sur une bonne lancée moteur et génois. Il y avait un bon petit vent, donc nous allions à quelques 7 kn, une bonne vitesse. Et là, est arrivée la bouée verte 7A… Qui, pour une raison inconnue, est du mauvais côté du chenal officiel, plutôt que d’être du côté bâbord (pour nous) du chenal, elle est du côté tribord, ce qui veut dire qu’à cet endroit, nous devons sortir du chenal officiel pour prendre la bouée verte à bâbord. Vous nous suivez ? Jusqu’ici, ce n’est pas si pire. Mais le souci… c’est qu’il y a une petite crique vis-à-vis cette bouée, Spooner Creek, et l’entrée de cette crique est balisée par des bouées. Ce qui, avec le fait que la bouée est du mauvais côté du chenal, peut causer une confusion momentanée. Et c’est ce qui nous est arrivé… Le Capitaine, croyant que la bouée était pour la crique, a continué son chemin dans le chenal officiel avec le bon vent qui nous aidait… et pouf ! Nuage s’est instantanément arrêté sur un banc de sable, là c’était clair que nous n’allions pas sortir de là qu’avec quelques coups de roue…

Jusque-là, ce n’est pas si pire. S’échouer sur un banc de sable, c’est plate, mais ce n’est pas dramatique. D’autant plus que nous sommes assurés avec BoatUS, donc nous n’avons qu’à les appeler pour qu’ils viennent nous déprendre (BoatUS, à titre d’info, c’est comme un CAA, mais sur l’eau, c’est indispensable quand tu fais l’ICW). La suite maintenant… Dominic, l’orgueil un peu ébranlé, demande à Andrée-Anne d’appeler BoatUS. Le temps de sortir les papiers, trouver la position du bateau, préparer ce qu’il faut dire, Dominic tente de se déprendre avec des manœuvres de roue. Et un bateau moteur type trawler avec un gentil couple à bord arrive. Des bons samaritains. Donc, tant qu’à appeler BoatUS et attendre on ne sait pas combien de temps, on se lance dans une tentative de désenlisage avec le bateau moteur. Qui, après quelques allers et retours en dinghy avec un câblot (il faut être très prudent, ce n’est pas le temps qu’un câblot prenne dans l’hélice), a fonctionné. Alléluia, nous pouvons continuer notre route ! Not…

Et non. C’est à ce moment que Dominic réalise que Nuage ne répond plus aux commandes moteur, il ne se passe juste rien, impossible de reculer ou d’avancer au moteur. Si nous avançons, c’est simplement parce que nous avons notre génois ouvert, c’est le vent qui nous pousse… Drame. Nous avons tué la transmission. Du moins, c’est ce que Dominic pense. Là, c’est sérieux. Le moral des troupes s’effondre. Notre bon samaritain revient pour voir ce qui se passe, nous lui annonçons candidement que la transmission est morte, qu’il peut continuer son chemin, nous allons appeler le remorqueur.

Jusqu’à ce que… Dominic ouvre les coffres et jette un coup d’œil au moteur. Pour réaliser que c’est en fait l’arbre d’hélice (le shaft) qui est débarqué du coupling. Donc, en simple, la tige de métal qui tient et fait tourner l’hélice n’est plus reliée au moteur. Ouf, ce n’est pas la transmission ! Mais c’est clair que nous n’irons pas nulle part aujourd’hui avec un arbre d’hélice décroché. Et là, bang encore. Les quelques secondes que Dominic a lâché la roue ont permis à Nuage d’aller se reprendre dans le sable. On appelle BoatUS… Et on croise les doigts que ce ne soit pas trop majeur.

Une heure plus tard, nous sommes bien accrochés derrière notre sauveur. Comme nous ne connaissons pas l’ampleur des dégâts, nous devons être remorqués à une marina qui a du service et un lift pour nous sortir de l’eau au besoin. Chris, notre gentil remorqueur s’occupe de trouver l’endroit. Sauf que… en soirée, de gros vents sont annoncés. Ça veut dire quoi ça ? Ça veut dire que toutes les marinas du coin sont pleines… Nous nous sommes donc retrouvé environ 8 miles plus loin, avant l’ancrage que nous étions au début de la journée… Bref, nous avons reculé plus que nous avons avancé aujourd’hui finalement.

Heureusement, l’endroit où Chris nous a amenés a une excellente réputation. Ce n’est pas une marina, c’est en fait un énorme boat yard, avec 2 quais pour accommoder au besoin. Nuage a l’air d’un canot ici, les bateaux qui y sont entreposés sont d’abord énormes, et en quantité industrielle. Il y a tout ce que tu veux pour travailler sur ton bateau. Et du staff en masse. Mais le staff est particulièrement occupé à ce temps-ci de l’année. Et nous, nous sommes des peanuts ici (sans aucune exagération). Nous avons dû parler à quelques personnes pour nous démêler un peu (le dockmaster, le service manager, le on ne sait pas qui….), bref, ce n’était pas simple de s’y retrouver avec tous ces messieurs hyper occupés à rouler partout dans la cour à bateau sur leur voiturette de golf, cellulaire à la main, une belle gang de marshals en action. Malgré tout, ils ont réussi à nous envoyer Scott, un mécano qui semblait connaître son affaire, pour venir diagnostiquer le tout. Selon lui, le shaft est parti à cause de mauvais ajustements de vis, les trous pour accueillir les 2 vis du coupling dans le shaft ne seraient pas assez profonds. Bref, on doit attendre que quelqu’un puisse venir travailler sur Nuage et percer ces trous un peu plus. Peut-être aujourd’hui, ou peut-être demain. Il faut être patient…

Le bon côté de tout ça ? C’est que nous passerons la nuit dans une marina… ce qui veut dire… Wi-Fi et douche ! C’est si simple le bonheur…

Le bon coup du jour : le collier de serrage (clamp) sur l’arbre d’hélice (shaft)

Tout cette aventure aurait pu être bien pire si Dominic n’avait pas pris la brillante initiative de mettre un collier de serrage sur le shaft. Le collier, bien serré autour du shaft, a en fait servi à empêcher le shaft de sortir complètement du bateau. Parce que le shaft passe au travers d’un presse-étoupe et d’un tube d’étambot qui est le joint entre l’intérieur du bateau et l’extérieur, soit sous l’eau. Si le collier n’avait pas été là, le shaft aurait pu complètement glisser hors du bateau… ce qui aurait été pas mal plus grave puisque de 1. nous aurions perdu notre shaft et notre hélice, et de 2. l’eau se serait dangereusement mise à entrer dans le bateau. Bravo Capitaine pour cette sécurité supplémentaire ajoutée ! Un 0.50 $ bien investi !

Et pour la suite ?

Il semblerait bien que nous serons pris dans le coin de Beaufort pour un bon petit bout… La météo fait vraiment dure ces temps-ci. Donc même si tout est réparé demain pour Nuage, nous ne savons pas quand nous pourrons quitter le coin. Cette nuit, de très bons vents sont annoncés… pensez-vous que nous aurons une bonne nuit ?

À propos de la marina

Coordonnées : 34°48.336’N 076°41.085’W
Elle se nomme Jarret Bay. Ce n’est pas un arrêt que nous considérions nécessairement en route puisque ce n’est pas une marina en soit, mais en cas de besoin, cela peut faire l’affaire. Toutefois, si tu as du travail à faire sur ton bateau, c’est l’endroit qu’il faut aller. Tout est sur place. Le hic, c’est que c’est un peu loin de la ville, donc si tu dois sortir, c’est taxi. L’endroit pourrait aussi être considérer pour entreposer un bateau quelques mois au besoin, des fois que…

Les photos du jour

 

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Beaufort à Beaufort : bonjour les chevaux sauvages

11 novembre 2018

À Beaufort (Bo-Fort qu’il faut dire), il y a des chevaux sauvages. Malade quand même ! Et il y en aura d’autres aussi durant notre voyage il paraît. Qui sait ça que ça existe encore des chevaux sauvages ? Bref, au mouillage où nous sommes, il n’y pas seulement des dauphins, il y a aussi des chevaux ! C’est clair, on se peut pus. La faune nous énerve ben trop ici.

Aujourd’hui, nous avons eu une petite journée tranquille à Beaufort. Nous avons profité de notre non-départ pour d’abord faire une grasse matinée, c’est dimanche après tout, et nous avons ensuite été faire quelques courses et passer un peu de temps sur le web au M jaune question de vous partager quelques articles.

Et derrière le décor, il y a quoi ?

En général, les bords de l’eau sont assez beaux partout. C’est de même peu importe où tu es, que ce soit au Québec, ou aux États-Unis. Sur le bord de l’eau, tu as des grosses maisons, des beaux commerces, du beau monde, de l’argent bref. Comme nous voyageons sur notre Nuage, c’est ce que nous voyons la plupart du temps. Mais c’est lorsque tu t’aventures un peu plus loin dans les rues que tu découvres les États-Unis… Ça ne va pas bien ici en passant. On peut comprendre que l’électorat soit tanné… Dès que nous nous promenons un peu, nous tombons toujours sur des quartiers dans des drôles d’états. Des maisons délabrées, des commerces fermées, des rues principales désertes… Beaufort ne fait pas exception malheureusement. Et pour ajouter un peu plus à la tristesse de la chose ici, il y a eu l’ouragan Florence qui est passé il n’y a pas si longtemps… Les traces sont encore visibles : des toitures arrachées, des branches d’arbre en quantité à ramasser, des clôture affaissées… C’est assez fascinant de voir le clash entre les rues animées et les autres, on voit clairement la coupure entre les riches et les pauvres, au contraire de l’image que les États-Unis aimeraient bien projeter…

Et pour la suite ?

Demain semble être une belle journée pour partir. Mais pas en mer… Nous allons prendre l’Intracoastal, qui, ici, longe la mer, mais par l’intérieur. C’est un peu comme si nous étions en mer (avec un peu d’imagination). Notre objectif est de nous rendre à quelques 40 miles nautiques plus loin, à Camp Lejeune, une base d’entraînement militaire qui dispose d’un basin où nous pouvons mouiller l’ancre. Il semblerait que nous pourrions être témoins d’entraînements assez réels… On ne sait pas si on va bien dormir…

À propos du mouillage choisi

Mile ICW : 204.0, Coordonnées : 34°42.812’N 076°39.823’W
Nous sommes toujours au même endroit

Les photos du jour

 

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Oriental à Beaufort : quand tu es accueilli par les dauphins…

10 novembre 2018

Encore une petite route à faire aujourd’hui. Seulement une vingtaine de miles nautiques. La fraîche nous a rattrapé ce matin, il fait un peu plus froid… Allez hop, on ressort les pantalons d’hiver. Et nous avons atteint Beaufort presque sans histoire…

L’acrobatie du jour : Dominic fait un vol plané du carré intérieur au cockpit extérieur

En plein route dans le canal d’Adams Creek, Dominic a décidé d’aller faire un petit tour de reconnaissance à l’intérieur question de voir comment le moteur se comportait. Jusqu’ici, tout va bien, cela fait partie des habitudes. Tellement, qu’il ne demande plus à Andrée-Anne de prendre la roue quelques minutes le temps de descendre. Cette fois-ci toutefois, cela a été un peu plus drôle. Un petit coup de vent s’est emparé du génois, et Nuage a pris la direction bâbord sans crier gare. Comme nous sommes dans un canal, le bord est proche… Andrée-Anne, qui était bien concentrée à raconter les aventures de Nuage n’a juste pas vu ce qui se passait. Jusqu’au moment où Dominic a carrément volé jusqu’à la roue pour rediriger Nuage dans la bonne direction. Heureusement, il n’y a pas eu de casse, seulement un beau bleu que Dominic gardera en souvenir quelques jours.

Le rappel du jour : suis tes cartes et tes bouées

Les chenaux que nous suivons sont la plupart du temps assez étroits et sinueux, même dans les plans d’eau larges. Nous avons eu un petit rappel de la part d’un cruiser (bateau moteur) qui est passé à toute vitesse à côté de nous près de l’entrée d’Adams Creek dans la Neuse River… Le chenal a cet endroit fait un crush de 90°, on peut facilement manquer une bouée et ne voir que la suivante, ce qui implique que tu te retrouves à couper le 90° (donc passer à 45°). Il a breaké raide le cruiser quand il a vu qu’il n’était plus dans le chenal… D’après nous, il s’est fait une belle petite frousse… Et nous, de notre côté, nous nous sommes rappelés de toujours rester vigilant…

Le highlight du jour : le passage du pont de Beaufort

En sortant d’Adams Creek, nous devions passer un pont. Encore une fois, comme à l’habitude, nous avons notre génois et le moteur. Et pas question d’enrouler le génois lorsque nous passons les ponts… Aujourd’hui n’a pas été l’exception. Et, question de féliciter le capitaine qui est tout heureux avec son génois, les dauphins nous ont accueillis de l’autre côté du pont 😊. Nous sommes encore au début de notre voyage, on s’énerve encore avec les dauphins, que voulez-vous…

Le bout on vit en société : 100’ de chaîne dans 7’ de profond

Pas facile des fois les mouillages… Cette fois-ci, lorsque nous sommes arrivés, un voisin est venu nous rendre visite. Comme nous venions d’arriver, nous l’avons gentiment accueilli avec notre kit du dimanche : nos combines et sous-vêtements pour nous garder au chaud, c’était d’un chic fou. Bref, on repassera pour la coquetterie. Il est en fait venu nous voir pour valider combien de chaîne nous avions mis pour notre ancre. Pour le petit cours pour les non-voileux, choisir la quantité de chaîne à mettre est bien simple : idéalement on met 5 fois la profondeur plus la hauteur du franc-bord (la hauteur du bord du bateau vs l’eau, en général, c’est autour de 3 pieds pour les bateaux de notre genre). S’il n’annonce pas trop de vent, 3 fois peuvent faire l’affaire amplement, et s’il y a du bon vent annoncé, on va à 7 fois. Donc, pour le calcul, ou nous nous sommes ancrés, il y a environ 7-8’ d’eau. Donc, si on fait un calcul moyen (8 + 3) * 5 = 55. Ça c’est la théorie. Évidemment, en pratique, tu fais bien ce que tu veux. Des fois, tu voudrais en mettre plus, mais comme la zone de mouillage est très achalandée, tu dois en mettre moins que la théorie. De plus, le type d’ancre que tu as peut également jouer sur ta décision. Et ça, c’est ce que notre voisin ne semble pas avoir compris. Il est donc venu nous voir pour nous dire de mettre 100’ de chaîne comme lui, question d’en avoir en masse au fond pour qu’il ne vienne pas nous cogner… Le souci, c’est que c’est achalandé ici… Et que nous avons un autre voisin de l’autre côté. Si on met 100’, on va aller cogner l’autre, simple… Bref, dude, veux-tu ben aller enlever de la chaîne et vivre en société stp. Nous, on va rester avec notre 50’ de chaîne + câblot, on fait confiance à notre Mantus 😉.

Le projet du jour : aller au Consignment Store

Visiblement, les temps sont mauvais pour les Consignment Stores du coin. Comme nous avions raté notre chance à Oriental, nous avons décidé de tenter celui de Beaufort. En vain. Celui-ci n’est pas juste à vendre, il n’existe juste plus. Nous nous sommes donc heurtés à une porte close et une boutique vide. C’est raté encore…

À propos de Beaufort

Nous avions des grandes attentes pour Beaufort. Et ça, on le sait, en bateau comme dans la vie, les attentes ce n’est pas toujours bon. Bref, c’est sympa comme petite ville, mais on en fait vite le tour. Il y a quelques boutiques et des restos sur le bord de l’eau. On peut faire une courte balade sur le board walk et c’est pas mal tout. L’ambiance est bonne et les gens sont sympas.

Et pour la suite ?

La météo ne semble pas très favorable finalement pour que nous puissions prendre la mer. À moins d’attendre plusieurs jours ici, ce qui ne nous avance pas du tout. Nous allons passer la journée de demain ici et en profiter pour prendre un peu de repos et décider ce que nous allons faire.

À propos du mouillage choisi

Mile ICW : 204.0, Coordonnées : 34°42.812’N 076°39.823’W
Nous avons mouillé à Taylor Creek, un mouillage assez achalandé. Il y a beaucoup de courant à cet endroit. Nous avions lu qu’il était recommandé d’ancrer avec 2 ancres, à la bahamienne, mais lorsque nous sommes arrivés, tous les bateaux présents n’étaient ancrés qu’à une seule ancre, donc pas question d’en mettre 2, des plans pour se faire cogner, nous allons suivre la parade avec les autres bateaux. Côté commodités, il y a un beau quai à dinghy tout près et on peut accéder à pied à l’intérieur de 2 km à épicerie, Dollar Tree, Ace (quincaillerie) et Wi-Fi (Gros M jaune). Et… il y a des dauphins dans la zone de mouillage 😊

Les photos du jour

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Hobucken à Oriental : petit tour de machine à laver dans la Neuse River

9 novembre 2018

Par chance que c’était une petite navigation aujourd’hui… Notre passage dans la Neuse River a particulièrement été mouvementé, nous n’avons pas eu droit au cycle délicat aujourd’hui, ça brassait. Le souci avec les « petits » plans d’eau (tout est relatif…) que nous traversons est la profondeur. Comme ils sont très peu creux, la vague s’y forme rapidement et est très courte, donc moindrement qu’elle vient de côté, on ne fait que chanceler tout au long. Et c’est ce qui est arrivé aujourd’hui…

Heureusement, ce n’était que de courte durée. Nous avons atteint Oriental assez rapidement, et nous avons pu prendre ça un peu relax.

À propos d’Oriental

Oriental semble être une petite ville qui a pas mal de personnalité. Elle se définie comme étant la capitale de la voile de la Caroline du Nord. Mais elle est également la capitale des chiens à ce que nous avons pu comprendre. Pet lover alert !! Tout le monde a un chien à Oriental. Et le journal local a même une chronique Pet of the month, c’est tout dire. De plus, il n’y a pas une personne que nous avons croisée qui ne nous a pas dit bonjour. Même la police qui passe en voiture prend la peine de t’envoyer la main, visiblement, la zoothérapie fonctionne pour vrai, tout le monde semble de bonne humeur ici. Outre les chiens, il y a également pas mal de poissons à Oriental… C’est d’ailleurs l’arôme qui nous accueille lorsque l’on arrive, Oriental, la ville au frais parfum d’écaille de poisson. Mais ce n’est pas désagréable du tout, on se sent seulement de plus en plus près de la mer…

Bref, Oriental semble être une petite communauté bien sympathique. Malheureusement, le temps froid devrait nous rattraper d’ici quelques heures (aujourd’hui, nous avons sorti les shorts pour la dernière fois avant quelques jours), donc nous voulons continuer notre route vers le sud, notre arrêt ici ne sera que pour une nuit.

Les projets du jour : manger un cornet et trouver la boutique Marine Consignemenrt Store

Nous avions 2 gros projets aujourd’hui… Qui finalement n’ont pas abouti… Mais nous avons pris une petite marche, ce qui est fort appréciable lorsque nous passons beaucoup de temps sur un bateau. Pour info, le Marine Consignement Store, listé dans les endroits à visiter pour de l’usagé (on aime ça l’usagé nous…), est maintenant à vendre. Le propriétaire avoue candidement sur une simple affiche sur la porte d’entrée que le magasin a besoin d’un nouveau propriétaire qui connait le digital marketing parce que lui, il n’y connaît rien. Bref, pour le moment, la boutique fermée, donc ne faites pas le détour. Sinon, il faisait quand même chaud aujourd’hui, et nous voulions célébrer la fin du beau temps avec une crème glacée. Mais finalement, notre marche a été assez longue pour que le soleil descende et que la petite fraîche pogne, donc nous avons skippé la crème glacée et fini notre balade devant le quai de Kid’eau sur le terrain vert de la marina Oriental Marina & Inn avec un petit drink. Divertissante d’ailleurs la petite marina qui fait vraiment resort avec son tiki bar à l’extérieur et sa musique d’ambiance de resort.

Et pour la suite ?

Demain, c’est direction Beaufort. Sur le bord de la mer. Qui sait, si la météo est favorable dans les prochains jours, nous pourrions faire une sortie en mer… À partir de Beaufort, il est possible de faire une courte sortie de 70 miles nautiques jusqu’à Wrightsville. Si la météo est bonne, cela représente l’équivalent de 2 jours à l’intérieur en une journée, et une nous donnons un break au moteur. Mais bon, avant de prendre la mer, nous devrons nous rendre à Beaufort, ce qui représente de traverser la Neuse River pour atteindre Adams Creek qui nous mènera à Beaufort ensuite.

À propos du mouillage choisi

Mile ICW : 181.5, Coordonnées : 35°1.387’N 076°41.855’W
2-3 quais gratuits sont mis à la disposition des visiteurs à Oriental par la ville. Toutefois, ils sont difficiles à avoir, ils sont très prisés. Donc, vaut mieux prévoir s’ancrer. Et c’est ce qui nous est arrivé. Nous nous sommes installés à l’entrée de la ville, tout près du break water et des bateaux de pêche. L’endroit, tout comme les quais, est achalandé, il ne faut pas avoir peur d’être proche d’un autre bateau à l’ancre. Le fond est bon, rien à signaler. Il y a également un autre endroit pour mouiller de l’autre côté du pont, mais comme le pont ne fait que 45’ de hauteur, et que Nuage en fait 50’, nous n’avons pas pu y aller, bien évidemment.

Les photos du jour

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Alligator River sud à Hobucken : un arrêt chez les pêcheurs

8 novembre 2018

Cette journée a commencé avec l’éternel canal à eau couleur café qui relie l’Alligator River à la Pungo River… On croirait qu’il ne finit pas ce canal. Et, malgré le fait que nous étions au milieu de nulle part encore, il y avait beaucoup de trafic ! Ça jasait fort sur le canal 16 de la VHF (la radio pour communiquer entre bateaux) : « Thank you for your nice passage capt! » « You’re very welcome, nice boat! » « Have a great day » « Maerci, baonne journey »…  Les gens semblaient vraiment de bonne humeur.  Ça doit être à cause qu’ils peuvent aller vite dans le canal. Au contraire de nous avec notre chèvre… Mais bon, nous ne sommes pas pressés, nous y arriverons nous aussi.

L’objectif du jour a été atteint, soit le quai de R.E. Mayo Co à Hobucken. Sans aucun pépin ni anecdote, nous nous sommes rendus à notre destination, et avons pu y trouver des supers crevettes fraîches pour notre souper. Simple de même, des fois la vie de voilier c’est relax.

Et pour la suite : to Oriental or not to Oriental ?

La grande question du jour est : Est-ce que nous arrêtons à Oriental demain, ou nous continuons directement à Beaufort ? Oriental est une petite ville qui semble avoir une belle réputation, un arrêt qui fait partie de la liste pour tout voileux. Le souci, c’est que la ville n’est qu’à une vingtaine de miles nautiques d’où nous avons arrêté aujourd’hui, donc cela ne nous fait pas beaucoup avancer… Comme notre but est de nous rendre le plus rapidement possible où il fait chaud, nous pourrions faire une grosse journée et nous rendre directement à Beaufort, ce qui nous ferait pas mal plus avancer. Après mûre réflexion, nous avons décidé de faire une petite journée et d’aller faire un tour à Oriental finalement demain. Après tout, nous ne sommes pas en convoyage…

À propos du quai choisi

Mile ICW : 157.3, Coordonnées : 35°44.584’N 076°35.435’W
R.E. Mayo Co. est un endroit fort sympathique pour s’arrêter. Mais, il faut le dire tout de suite, ce n’est pas chic. Il s’agit en fait d’une shop à fruits de mer où il est possible de prendre un bout de quai pour la nuit moyennant un gros 0,40 $ du pied. On se retrouve donc sur le bord de l’entrepôt entre les bateaux de pêche. Évidemment, si on décide d’y arrêter, il faut profiter des produits frais. Pour notre part, nous avons fait un bon souper de crevettes avec Kid’eau IV. Fait à noter, les crevettes viennent entières, il faut donc leur enlever la tête et les décortiquer et déveiner… une nouveauté pour nous, une chance que le staff était là pour nous montrer comment faire… Nous avons également eu droit à un super accueil, et en particulier de la part de Pete, qui a veillé à ce que nous ne manquions de rien tout au long de notre court séjour, vraiment merci ! Outre les fruits de mer, il y a également : de l’électricité et une boutique avec pas mal de stock si nécessaire.

Les photos du jour

 

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Poplar Branch (Coinjock) à Alligator River sud : charmante journée de navigation

  • 7 novembre 2018

Départ matinal ce matin. 6 h 45. On était bien réveillés, et comme les vents annoncés n’étaient pas super forts, il valait mieux partir tôt pour compenser notre petite vitesse au moteur. Mais finalement, pour notre plus grand bonheur, nous avons eu droit à une belle brise tout au long de notre route aujourd’hui, ce qui nous a permis de gagner quelques nœuds avec le génois, et d’ainsi faire une belle journée de navigation jusqu’au sud de l’Alligator River. Cela s’est fait comme un charme.

Nous avons donc traversé la baie Albermale Sound et l’Alligator River. L’Albermale Sound est l’endroit où nous retrouvons les voiliers qui ont pris le chemin de la Dismal Swamp, nous nous retrouvons tous à l’entrée de l’Alligator. D’ailleurs, nous étions pas mal seuls sur la route lorsque nous sommes partis de Poplar Branch, mais pendant notre traversée de l’Abermale, nous avons vu plusieurs voiliers apparaître à tribord, il s’agissait de la gang de la Dismal. Nous n’étions plus seuls à ce moment… Et nous avions tous la même destination en tête, le sud de la rivière. L’ancrage s’est bien rempli en après-midi lorsque nous sommes tous arrivés. Visiblement, nous ne sommes pas les seuls à nous rendre au sud !

Le pont à faire ouvrir du jour : Alligator River Swing Bridge

Il n’y avait qu’un seul pont aujourd’hui à faire ouvrir, soit celui qui relie East Lake et Alligator à l’entrée nord de l’Alligator River. Ce pont est ouvert au gré du trafic maritime et routier, c’est à la discrétion de l’opérateur. Qui, soit dit en passant, est très patient (ainsi que les automobilistes) puisque lorsque nous sommes passés, le pont est resté ouvert très longtemps pour laisser passer quelques voiliers (dont nous), qui n’allaient vraiment pas vite…

Les bouts stressants du jour : l’approche de l’Alligator et l’approche du mouillage

Malgré la grandeur des plans d’eau du coin, la profondeur n’est toujours pas au rendez-vous. Donc, il faut bien planifier sa route et suivre ses bouées. L’approche de l’Alligator, avant le pont est bien balisée, mais il n’y a pas tant de jeu, donc, il faut être à l’affût. Au niveau du mouillage, dans cette section au sud de la rivière, le chenal est vraiment rendu minuscule en largeur. Donc là aussi, il faut être très vigilant.

Et pour la suite ?

Demain, nous devrons traverser le canal qui relie l’Alligator River à la Pungo River. Ensuite, nous naviguerons la Pungo River qui nous mènera à Goose Creek qui elle nous mènera à un canal où nous atteindrons le quai de R.E. Mayo Co., à Hobucken, afin de profiter des tarifs pas cher (0.40$/pied) et des bons fruits de mer disponibles… Il semblerait que cela vaut vraiment la peine ! Ce quai est en fait un quai pour les pêcheurs, mais les plaisanciers peuvent s’y arrêter s’il y a de la place, ce que nous espérons. S’il n’y a pas de place, nous pourrons trouver un endroit pour nous ancrer dans Goose Creek avant.

À propos du mouillage choisi

Mile ICW : 104.4, Coordonnées : 35° 40.379’ N 076° 28.076′ O
L’endroit n’est pas tant protégé, mais c’est partout comme ça sur l’Alligator River. Toutefois, malgré le bon vent du nord, nous avons été très confortable. Tout ce qui compte, c’est le fait qu’il y n’y ait pas trop de vagues… et il n’y en avait pas, donc nous étions bien. Côté fond, l’ancre a très bien pris. Côté espace, il y a vraiment beaucoup de place, nous devions être une bonne dizaine de bateaux, et ce n’était pas plein du tout. Dans Skipper Bob, il est recommandé d’utiliser un orin à cet endroit, donc nous en avons profité pour tester notre système maison créé en début de voyage. Cela a bien fonctionné, mais il reste un peu de fine tuning à faire. Le système que nous avons fait est de simplement passer un bout de corde dans la poignée d’un bidon d’eau de javel. Un bout doit s’attacher à l’ancre, tandis que l’autre bout doit être muni d’un poids afin de faire redescendre l’excédent de câblot vers le bas, tandis que le bidon flotte. Pour le poids, nous avons utilisé une grosse manille, mais cela semble encore un peu trop léger.

Les photos du jour

 

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

Poplar Branch (Coinjock) à Poplar Branch : Vent du sud…. On break !

6 novembre 2018

Pas question de bouger aujourd’hui… Avec le vent du sud du jour, nous devons prendre une petite pause. Quand même, nous avons réussi à faire 3 jours de navigation consécutifs, cela faisait longtemps que ce n’était pas arrivé ! Nous aurions bien continué encore, nous sommes sur une bonne lancée… mais bon, Dame Nature ne veut pas.

Donc qu’est-ce qu’on fait lorsqu’on se retrouve au milieu de nulle part à l’ancre ? On se trouve des petits projets… Anyway, sur un voilier, il y a toujours quelque chose à faire, pas besoin d’avoir beaucoup d’imagination pour se tenir occupé : davier avant à réparer, cutter pins à changer, serrer les vis de railing, faire du ménage (encore)…

Le projet du jour : se laver les cheveux

Comme il a fait super beau, 27°, wow, Andrée-Anne en a également profité pour se laver les cheveux. Il a fait assez froid récemment, avoir la tête mouillée n’est pas nécessairement le meilleur move à faire, donc il faut faire preuve d’un peu de patience à ce niveau. Donc quand le beau temps arrive, on se garoche ! Nous le savons, tout est un projet sur un voilier, se laver les cheveux ne fait pas exception pour nous. La technique simple que nous avons trouvée est d’utiliser un pulvérisateur à insecticide (qui n’a évidemment jamais eu d’insecticide dedans…) dans le cockpit à l’extérieur (d’où l’importance d’un peu de chaleur…). Le pulvérisateur a l’avantage d’offrir une pas pire pression, tout en utilisant que très peu d’eau, le tout sans aucune énergie nécessaire. Bref, cela fonctionne bien lorsque les conditions sont réunies.

Et pour la suite ?

Le départ est toujours prévu demain matin. Comme il annonce que très peu de vent, nous avons comme objectif de soit nous rendre à l’extrémité sud de l’Alligator River, ou, si les conditions ne sont pas favorables, à l’entrée de l’Alligator River après la baie Albermale Sound. Demain soir, il annonce un bon vent du Nord, donc nous n’avons pas beaucoup de choix pour nous protéger, c’est pour cette raison que c’est soit au début ou à la fin de la rivière, ce sont les seuls endroits où nous pouvons bien nous protéger.

À propos du mouillage choisi

Mile ICW : 56.5, Coordonnées : 36° 16.056′ N 075° 57.273′ O
L’endroit a été excellent tout au long de la journée pour nous protéger des vents du sud. Malgré les bonnes rafales, nous avons été confortables tout au long de la journée. Le bout le plus « inconfortable » a en fait surtout été le matin lorsque le trafic a repris quelque peu sur le chenal, nous écopions des vagues.

Les photos du jour

 

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

Chesapeake, Virginie, à Poplar Branch (Coinjock), Caroline du Nord : nous sommes au milieu de nulle part

5 novembre 2018

Tel que prévu, nous sommes bien partis à 8 h ce matin. Et nous n’étions pas seuls ! Nous étions une bonne gang au quai, ainsi qu’une autre gang qui est sortie de l’écluse pour prendre le pont de 8 h, la gang des BMX sur l’ICW… Malheureusement, en raison de notre chèvre, nous n’avons pas pu suivre le troupeau… Et nous n’avons pas pu passer le second pont pour 8 h 30 ☹. Par chance, celui-ci ouvre aux 30 minutes, donc nous n’avons pas attendu longtemps pour le traverser.

Et c’est officiellement parti pour le moteur ! À partir de maintenant, il va falloir faire preuve de créativité si nous voulons utiliser nos voiles. Et ceci ne fait pas peur à Dominic… Nous en avons de la route au moteur à faire dans les prochaines semaines pour atteindre la Floride, il va falloir épargner le moteur. À moins que nous choisissions la mer… ce qui est loin d’être impossible 😉.

Les pirouettes du jour : ajuster le génois dans un micro chenal sinueux

Ouvrir le génois nous permet quand même de gagner 1 à 2 kn, c’est considérable. Nous n’avançons qu’à environ 4 kn maximum lorsque nous ne sommes qu’au moteur, nous les voulons les 1 à 2 de plus ! En plus d’augmenter la vitesse, le génois nous permet également de soulager le moteur, il force beaucoup moins, et ça, nous aimons ça. Mais… gérer un génois dans un chenal, ce n’est pas simple. À chaque tournant, il faut ajuster le tout : on borde, on choque, on en sort plus, on enroule un bout… Il faut surveiller le vent, les bouées, les profondeurs, les ponts, les barges, alouette. Fait à noter, où nous avons navigué aujourd’hui, les profondeurs hors du chenal tombaient presque qu’instantanément à 1 ou 2 pieds, donc hors de question de faire des fausses manœuvres, il fallait être vigilant à chaque minute, rendant la chose très sportive pour le skipper et l’équipage. D’autant plus que la largeur du plan d’eau, la North Landing River, peut clairement confondre n’importe qui, c’est tellement large que l’on pourrait croire qu’il y a de l’eau partout, mais au contraire, à certains endroits, hors du chenal, on tombe directement à 1’… Il y a eu un bout tellement sinueux, que sur environ 1 mile nautique, nous avons fait du près serré, du travers et du portant, c’est tout dire. Et en plus du petit chenal, il y a également eu des ponts à traverser, et pas question de les faire sans le génois, on y prend goût 😉. Bref, c’est toute qu’une valse. Mais Dominic s’en vient pas mal bon avec tout ça. Avec ce genre d’exercices, nous commençons vraiment à bien maîtriser le génois.

Les ponts à faire ouvrir du jour : Great Bridge Bascule Bridge, Centerville Turnpike Swing Bridge et North Landing Swing Bridge

Nous avons passé 3 ponts aujourd’hui. Question de démêler le tout, j’ai mis les ponts que nous faisons ouvrir sur la carte Google au bas de la page, des fois que cela pourrait vous être utile… Donc dans l’ordre, les 3 ponts furent :

  1. Great Bridge Bascule Bridge : celui du quai où nous étions
  2. Centerville Turnpike Swing Bridge : celui qui ouvre à 8 h 30 à 3 miles du premier
  3. North Landing Swing Bridge : 5 miles après le 2e

Le stress du jour : la barge

Les barges… on dirait toujours qu’il faut les croiser au mauvais moment celles-là…Et elles sont larges et peu flexibles ces barges. Hier, c’était à l’entrée de l’écluse. Une belle gang de voiliers et de cruisers qui ne savent pas trop où se mettre puisque c’est juste pas large. Et aujourd’hui, c’était dans une passe entre 2 îles, vraiment pas large, et sinueuse. Nous n’avons pas pu conserver le génois… Il a fallu se rendre à l’évidence, il y a toujours bien des limites à ce que nous pouvons faire comme ajustements. Et comme c’est nous qui sommes dans le chemin, fais ce que tu peux l’ami pour te tasser, la barge, elle, elle continue. Le capitaine de cette dernière ne s’est pas gêné pour nous le dire, get out of my way. Mais le souci, c’est la profondeur hors du chenal… Donc, malgré les signaux intenses du staff à l’avant de la barge, nous avons décidé tout de même de passer si proche sur le côté que nous aurions pu nous faire un high-five. Tiens toi la barge ! Kid’eau IV qui était juste derrière, pour sa part, a eu une petite frousse… Avec son tirant d’eau de plus de 6’, il a été impossible de ne pas accrocher le fond en s’éloignant de la barge… mais plus de peur que de mal, Kid’eau IV a pu continuer sa route sans souci. Bravos aux capitaines !

Et pour la suite ?

Lors de notre prochaine journée de navigation, nous devrons traverser la baie Albermale Sound pour ensuite rejoindre la Alligator River. La baie Albermale est assez large à traverser, et avec notre chèvre, nous devons avoir un vent favorable pour le faire, soit pas de Sud. Et c’est ce qui est prévu pour demain, un beau sud un peu ouest, soit le pire vent que nous pouvons avoir… directement dans le nez. Donc, demain devra être une journée de repos, cela ne vaut pas la peine de bouger.

À propos du mouillage choisi

Mile ICW : 56.5, Coordonnées : 36° 16.056′ N 075° 57.273′ O
Ce mouillage est au Nord de Buck Island. Comme du vent du Sud est prévu demain et que nous ne pouvons pas bouger, ce mouillage est tout à propos. Comme nous avons fait une grosse journée et que notre arrivée s’est faite assez tard, nous étions un peu stressés par rapport à l’espace disponible, mais finalement nous avons constaté qu’il y a vraiment beaucoup d’espace dans ce mouillage, donc pas de souci, de nombreux bateaux peuvent s’y ancrer. Ce n’est pas un coin avec beaucoup de profondeur, et le mouillage ne fait pas exception. On s’ancre dans 6’ d’eau ici, même s’il est indiqué jusqu’à 8 sur les cartes, nous n’en avons pas vu. Le fond semble bon

Les photos du jour

 

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

Norfolk à Chesapeake : C’est parti pour l’ICW

4 novembre 2018

Nous commençons l’ICW tranquillement… Nous avons fait une petite navigation aujourd’hui pour rejoindre le quai gratuit de Chesapeake au Great Bridge. Nous voulons nous y arrêter pour aller y trouver quelques ravitaillements avant de faire un plus gros stretch demain.

La nouveauté du jour : les ponts à faire ouvrir

Nous le savons, ce n’est pas la Floride… En Floride, ce sera vraiment le party des ponts. Mais tout de même, c’est nouveau pour nous. Aujourd’hui, nous avons passé 1 pont : le Gilmerton Bascule Bridge. Le fun avec les ponts, c’est de tenter de se démêler entre les cartes officielles, les guides et Navionics. Pour l’exemple, il y a un pont listé à faire ouvrir dans les cartes et les guides qui se nomme Dominion Boulevard Bridge (aka « Steel Bridge »), tandis qu’il se nomme Veteran Bridge sur Navionics… Une chance que Google existe pour démystifier le tout. Arrivés au pont, nous avons constaté que ce pont ne s’ouvre pas, il y a amplement d’espace pour passer… Est-ce un nouveau pont ? Qui sait ? Bref, il faut avoir le nez collé sur ses cartes, ses guides, Google et la route pour s’y retrouver

Le bout « on va tu y passer la journée » du jour : la Great Bridge Lock

Nous avions aussi une écluse à passer…. Mais ça, nous sommes rendus des pros ! Sauf que celle-là… My God, c’était long. Cela a dû prendre pas loin d’une heure pour nous faire monter de 3 pieds. Plutôt que faire plusieurs batchs, les maîtres éclusiers ont laisser entrer environ 8 bateaux qui étaient quand même assez distancés. Ensuite, chaque bateau est accueilli par un maître éclusier qui aide à mettre les amarres sur les taquets… C’est long… On le rappelle, tout ça pour 3 pieds. Le cruiser en avant de nous avait un moteur qui puait particulièrement en plus, tout ça a failli finir en sérieux mal de tête. Sauf que… nous avons ensuite compris pourquoi c’était si long. Juste après l’écluse, il y a le pont à faire ouvrir, et comme il n’ouvre qu’aux heures, cela ne valait pas la peine de faire passer les bateaux plus vite dans l’écluse. Voilà… Le hic, c’est que nous ne voulions pas passer le pont, nous voulions nous rendre au quai. Mais bon, nous ne sommes pas seuls il faut croire.

Le bout on se rassure du jour : même des locaux n’arrivaient pas à traverser la Chesapeake !

Au quai, nous avons fait la rencontre d’un autre voilier qui commençait sa route vers le Sud puisqu’il venait de Washington. Le couple nous a confirmé que même eux, qui sont des habitués de la Chesapeake, c’est leur plan d’eau, ont pris 2 semaines pour se rendre à Norfolk au sud de la baie. Bref, cela confirme que ce n’est pas simple cette année. Le voilier faisait partie du groupe que nous avons vu en même temps que nous lorsque nous avons fait le dernier stretch hier. Comme nous, ils n’en pouvaient plus et voulaient atteindre Norfolk, et ont décidé d’affronter le vent et les vagues.

Le projet du jour : les ravitaillements

Nous ne sommes vraiment pas à sec, mais… enfin, nous avons un Dollar Tree à notre portée à pied !! Le Dollar Tree est le vrai magasin piasse aux États-Unis. Il est possible d’y faire des réserves de certaines denrées alimentaires toutes à 1 $ qui valent vraiment la peine… Outre la nourriture, on y trouve aussi également plein de cossins à 1 $ au besoin. Bref, vous le savez, on roule sur un budget, donc un arrêt au Dollar Tree est vraiment un petit moment de bonheur 😉.

Et pour la suite ?

Le départ est prévu pour demain matin 8 h. Nous aimerions bien partir avant, mais un des ponts que nous devons faire ouvrir n’ouvre qu’à 8 h 30 après le trafic du matin, et le Great Bridge, celui qui surplombe notre quai actuel ouvre aux heures. Donc, c’est soit que nous passons à 7 h et que nous tournons en rond pour le second pont à 8 h 30 (ce qui n’est pas super pour le moteur), ou que nous passons à 8 h et tentons de prendre l’ouverture de 8 h 30 du pont suivant. Une fois les ponts passés, nous prévoyons nous rendre près de Coinjock en Caroline du Nord (oui, oui, nous changerons d’État) pour y passer la nuit.

À propos du quai choisi

Mile ICW : 12.1, Coordonnées : 36° 43.274′ N 076° 14.477′ O
De part et d’autre du Great Bridge à Chesapeake, il est possible de prendre une place pour 24 heures sur les quais gratuits disponibles. L’avantage : c’est gratuit, et on peut faire le plein de presque tout : denrées, diesel / essence, propane… Le seul hic, c’est que nous sommes dimanche aujourd’hui… Et que tout n’est pas ouvert le dimanche. Nous avons donc dû sauter notre tour pour le propane, le spot proche était fermé.

Les photos du jour

 

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

Deltaville à Norfolk : On atteint le Mile Zéro de l’Intracoastal Waterway

3 novembre 2018

Quelle journée de navigation aujourd’hui ! Une belle séance de machine à laver. Notre séjour dans la Chesapeake est éternel, nous voulions vraiment en sortir, et aujourd’hui, c’était la journée toute désignée, dans le contexte actuel. En temps normal, nous aurions pu considérer laisser passer cette journée puisqu’elle s’annonçait pour être assez sportive, mais comme les conditions météo sont quasi nulles en ce moment, il faut faire des concessions et se lancer, au pire ce n’est qu’inconfortable. D’ailleurs, nous étions un bon nombre de voiliers (au moins une dizaine) au même moment sur la même route, c’était beau de voir toutes ces voiles déployées ensemble. Tous en avaient marre probablement et veulent rejoindre le Sud ! C’est donc avec un beau vent d’Ouest (ou de toute autre direction…) et des belles vagues de 3-4 pieds de quelques secondes à peine que nous avons tracé notre route vers le Sud

Nuage s’est tout simplement téléporté à Norfolk aujourd’hui. Quand tu atteins 10 kn de vitesse sur le fond, c’est que ça va vite. En surface, il n’était pas rare de voir 8 kn, et ce seulement avec un génois environ 100 % (pour l’info, notre génois est 135 %, ce qui veut dire que lorsqu’il est déroulé (ouvert) au complet, nous sommes à 135 %) et le moteur presque au neutre pour assurer une stabilité. Et même avec cette configuration assez simple, il est arrivé en route que nous avions un peu trop de toile. Mais rien pour rendre le tout dangereux 😉. Nous avons définitivement eu la confirmation aujourd’hui que Nuage est un voilier très rapide et que John Cherubini savait ce qu’il faisait lorsqu’il a conçu ce voilier il y a 38 ans.

Le highlight du jour : le Mile Zero de l’ICW

Nous entrons dans une autre étape de notre voyage ici. Nous avons rejoint le mile 0 de l’ICW qui nous mènera jusqu’en Floride. Nous allons passer la fin de la Virginie, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud, la Georgie et enfin la Floride ! Pour info, le Mile 0 est à la bouée 36, vis-à-vis le mouillage choisi aujourd’hui.

À propos de Norfolk

Norfolk est une assez grosse ville qui peut en intéresser plusieurs. C’est une ville où on retrouve une énorme base militaire, donc c’est le festival du bateau gris. Pour certains, cela représente une attraction à ne pas manquer. En ce qui nous concerne, nous avons décidé de seulement passer la nuit ici et de continuer notre route. Nous avons tellement attendu dans la Chesapeake que nous avons envie d’accélérer la cadence. La visite de la ville sera pour une autre fois…

Et pour la suite ?

Nous avons un choix à faire pour la prochaine partie, soit passer par le Dismal Swamp ou le Virginia Cut, 2 chemins qui nous mèneront au même endroit. Le Dismal Swamp est le plus vieux canal des États-Unis, et il semblerait que la route est vraiment pittoresque et très belle. Toutefois, il présente quelques désavantages, soit le peu de profondeur, la quantité de débris qu’on peut frapper, et la présence parfois de duck weed, une algue vraiment intense qui peut aller jusqu’à arrêter le bateau s’il y en a beaucoup (imaginez comme le moteur va aimer…). Le Virginia Cut pour sa part, est le chemin safe, plus large, moins d’obstacle, mais aussi moins de plaisir pour les yeux… Après lecture de quelques discussions en ligne où des gens racontaient leur expérience récente, nous avons décidé d’opter pour le Virginia Cut. Nous y allons pour le côté safe.

À propos du mouillage choisi

Mile ICW : 0, Coordonnées : 36° 50.610′ N 076° 17.952′ O
Nous nous sommes rendus à Hospital Point à Norfolk. Un grand espace qui peut accueillir de nombreux bateaux. Le fond est très solide, il est composé d’une glaise tellement intense qu’on dirait du béton liquide, il était presque impossible de nettoyer l’ancre lorsque nous l’avons remontée. Le souci du moment dans cet endroit est le fait qu’il y avait un bon nombre de crab pots (??)… Drôle d’endroit quand même pour aller mettre des cages. Par chance, il n’y avait aucun changement de vent prévu, donc nous avons pu nous ancrer près d’un flotteur à crab pot sans trop stresser.

Les photos du jour

 

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :