De Chesapeake City à Chesapeake City : le ménage… l’éternel recommencement

9 octobre 2018

Comme à la maison vous me direz. Et c’est vrai… Avant le départ, ma petite expérience sur le voilier m’a dit que je ferais entre 1 et 2 heures de ménage / tâches ménagères par jour. Et c’est pas mal ce qui arrive. Dans un espace aussi petit, cela ne prend qu’une veste de sauvetage sortie au mauvais endroit pour que tout ait l’air d’un sérieux bordel. Tout doit être remis à sa place aussitôt l’utilisation terminée. Pas besoin de vous dire que ceci est impossible. Surtout en plein navigation. Donc, dépendant de notre niveau de motivation du moment, on a souvent à passer pas mal de temps à juste tout replacer. C’est ce qui est arrivé aujourd’hui.

Notre grosse sortie du jour a été d’aller visiter le musée du C & D Canal, tout juste à côté du basin. La fabuleuse histoire d’un canal. Nous vous épargnons les détails, puisque nous n’en avons retenus à peu près aucun, outre le fait qu’il s’agit d’un des canaux (ou le canal) des plus achalandés du monde. Cela vaut un musée.

Palpitant tout ça n’est-ce pas ? Mais c’est qu’il y en a des journées comme ça, tout n’est pas qu’aventures dans ce type de voyage. Des fois, ce ne sont que des longues périodes d’attente… On dort, on lit, on fait du ménage, c’est le farniente… Et on oublie même de prendre des photos. Donc pas de photos aujourd’hui groupe !

À propos du mouillage choisi

Nous sommes toujours au basin de Chesapeake City.

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

De Cape May à Chesapeake City : Nuage file sur la baie du Delaware

8 octobre 2018

Mission accomplie, nous avons réussi à traverser la baie du Delaware en une seule journée, et même plus ! Nous nous sommes rendus jusqu’à Chesapeake City, presqu’au bout du C&D Canal. 64,6 miles nautiques aujourd’hui avec le courant et le vent toujours avec nous, avec une moyenne de 6,15 kn, merci Nuage !

Cela n’a pas été de tout repos toutefois. Quand même, il ne faut pas rêver… Surtout le début. Qui a bien eu lieu à 4 h du matin, en compagnie de Fleurs de îles. À 4 h du matin, il fait noir. Et à ce temps-ci de l’année, le soleil, il ne se lève pas si tôt. Levé prévu pour 7 h 05. Heureusement, la lueur du soleil se fait voir près d’une heure avant le levé officiel, cela donne un coup de main. Donc nous en avions pour près de 2 heures dans le noir.

Le stress du jour : le canal

La première heure s’est déroulée dans le canal intérieur reliant Cape May à la baie. Ce qu’il faut savoir de ce canal, c’est qu’il y a des ponts avec des hauteurs très limitées. Fleurs des îles et nous avons pu passer par ce chemin, mais Kid’eau IV a dû faire le grand tour par la mer à cause de son tirant d’air (la hauteur du bateau / le mât), une petite rallonge de quelques heures pour eux. Par rapport au canal… Normalement, un canal, c’est simple. Tu te tiens au centre, et tu avances. Mais non, pour nous, cela a été la pire partie haha !

D’abord, il y a eu cette rencontre avec le monstre de métal à forme imprécise au 2e pont. Malgré notre super spot à 2 000 lumens, nous n’arrivions juste pas à comprendre ce qui était en train d’apparaître devant nous. Est-ce une barge ancrée en plein centre ? Une sérieuse obstruction ? On passe où… ?! Heureusement, une chance que Fleurs des îles était derrière nous ! Sylvie, qui a l’œil aiguisé, avait remarqué cette structure de jour lors d’une balade et nous confirma qu’il s’agissait en fait d’un pont rotatif pour le chemin de fer. Dans la position qu’il était, c’était ouvert pour nous. Ouf. Pour l’info, il faut passer du côté Nord.

Ensuite est venu la fin du canal. Où, à cette heure tardive, 2 gros bateaux de pêche était bien installés à la sortie. Donc, nous, de nous dire : « %#*@, mais veux-tu ben me dire ce qu’il fait là lui à tout bloquer… », et lui de se dire « $&$*@, mais veux-tu ben me dire ils font quoi là ces 2 perdus en pleine nuit… ». Bref, ce fût une belle rencontre. Ne sachant pas trop par où passer, nous avons commencé à coller le côté Sud du canal. Wrong… C’est d’abord Fleurs des îles qui s’est retrouvé pris dans le fond. Voyant qu’ils étaient pris, nous essayons tant bien que mal de nous diriger vers le côté Nord du canal question de sécuriser Nuage. Pour réaliser qu’il y a des petites bouées qui nous indiquent clairement où passer. Le souci ? Ces bouées ne sont pas indiquées sur les cartes ! Et comme elle sont petites, et non illuminées bien sûr, de nuit, nous ne les voyons juste pas. Il s’en est fallu de peu pour que nous évitions la première. Ne sachant pas trop encore où passer, Dominic décide de coller la rouge rendue maintenant à bâbord. Wrong… C’est maintenant à notre tour de pogner le fond… Heureusement, tout comme Fleurs des îles, nous avons réussi à nous déprendre en quelques coups de roue.

Mais reste maintenant à affronter le bateau de pêcheur. Qui regarde le spectacle, il devait avoir beaucoup de plaisir… Donc il entre en communication avec nous pour nous dire de passer sur son « port side » (bâbord)… « Roger that… » Mais là, il est où son bâbord ? Il n’a pas de feux de navigation allumés, il est ancré, comment on fait pour savoir il est dans quel sens…? Dans le noir, il n’a l’air que d’un gros bloc de bateau, on ne voit pas si nous sommes face à sa proue ou sa poupe (devant ou derrière). Fleurs des îles s’enligne sur le côté Sud, notre bâbord, de notre côté, Dominic est confondu puisqu’il voit bien les filets de ce côté. Et là, le capitaine pêcheur commence un peu à s’impatienter… « North side ! » Donc, il est face à nous… Son bâbord est au Nord… (Suivez-vous encore ?) Mais là, nous avons une petite incertitude… C’est un bateau de pêche, pas la Coast Guard, ce n’est pas parce qu’il nous dit de passer là que c’est ok de passer là, il arrive quoi si la profondeur n’est pas au rendez-vous ? Allez, on augmente le stress tant qu’à… Fleurs des îles s’y lance, passe, et nous le suivons. Nous sommes sortis du canal. Ouf.

La suite du stress : la route jusqu’au chenal principal de la baie du Delaware

Il est maintenant 5 h du matin. Il fait toujours très noir… Et pour ajouter au plaisir, la brume décide de se joindre au party. Même s’il fait nuit, normalement, on peut voir un peu, nos yeux s’habituent. Mais avec la brume, là cela devient un peu plus compliqué. La prochaine heure et plus qui nous attend : rejoindre le chenal principal de la baie. Il est recommandé de naviguer près du chenal puisque la pêche au crabe est très présente dans la baie… il serait dommage de se prendre l’hélice dans un câble de cage… Bref, cette partie a tout de même relativement bien été, rien à signaler. Dominic a vu 2 drapeaux de cage, Andrée-Anne pour sa part a vu plein de méduses en éclairant la surface de l’eau avec le spot.

Et à propos de la Delaware ?

C’est confirmé, il n’y a rien à voir ici. Outre une centrale nucléaire en plein milieu du trajet, on ne croise presque rien. L’eau est brune. C’est bien vrai que cela ne sert à rien de se prendre les pieds ici.

À propos du mouillage choisi

Coordonnées : 39°31.574’N 75°48.449’W
Vers la fin du C&D Canal, il y a Chesapeake City. Question d’accommoder les plaisanciers en transit, un beau basin a été aménagé. On y trouve une belle marina avec un beau resto, et un peu d’espace pour s’ancrer. On y rentre très bien. Il y a également des quais gratuits disponibles pour 24 h. Côté ancrages, Active Captain mentionne que nous ne pouvons rester que 72 h, mais il a été impossible de confirmer cette information sur le site de la Ville (pour les quais gratuits, c’est bien écrit 24 h). Côté services, c’est minime. Il y a de l’eau et de l’électricité ($$$), pas de pump out. Pour notre part, nous comptons rester ici jusqu’au passage de Michael dans 3 jours.

Les photos du jour

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De Cape May à Cape May : encore du repos et planification de la suite

7 octobre 2018

Cette journée fût tout aussi occupée que celle d’hier : soit pas vraiment. Le genre de journée que l’on aime à l’occasion… Nos grosses missions du jour ont été d’aller au magasin West Marine pour aller chercher un truc obligatoire et déterminer quand devrait être le départ.

La tergiversation du jour : on part quand…

Notre prochaine étape est la baie du Delaware. D’après plusieurs lectures que nous avons faites, cette baie n’a pas tant la cote. Il est recommandé de ne pas y traîner, autant parce qu’il n’y a rien à voir, que parce que ce n’est pas une baie sympathique par mauvais temps avec son nombre réduit d’ancrages et sa faible profondeur qui peut rendre les vagues désagréables à naviguer. Deux éléments principaux sont à considérer pour notre départ : la marée (le courant) et les vents (pas de Nord, et pas plus de 15-20kn). Et un troisième s’est ajouté en cours de route : une belle tempête, Michael, qui semble s’approcher et qu’il faudrait affronter dans un endroit bien protégé idéalement. La tempête semble prévue pour le jeudi 11 dans la nuit et le vendredi 12. La baie peut se traverser en une ou deux journées. Nous sommes dimanche, le mauvais temps arrive jeudi, il ne faut pas traîner. En considérant tous les éléments, et en jasant avec Kid’eau IV et Fleurs de îles, nous avons décidé de fixer le départ pour demain 4 h du matin. Oui oui, on est rendus là, des vrais marins, on se lève à des heures impossibles pour respecter notre marée. Avec ce plan, nous prévoyons faire la baie qu’en une seule journée (quand même, il faut bien que ça paye cet horaire).

L’achat obligatoire du jour : le USCG Required Placard Set

Nous n’avons pas vu d’endroit officiel qui indique que ceci est obligatoire pour les navires étrangers, mais nous avons attrapé dans un blogue une histoire, où il était raconté que les propriétaires du blogue avaient été importunés par les Coast Guards puisqu’ils n’avaient pas ces fameux collants. Ces collants sont disponibles chez West Marine pour la modique somme de 10 $. Pour si peu, aussi bien aller les chercher juste au cas. Et tant qu’à, voici une liste de matériel obligatoire à avoir sur son bateau lorsque l’on navigue aux États-Unis (question de rendre les Coast Guards heureux), en plus de tout ce que nous avons normalement au Canada :

  • Le USCG Required Placard Set mentionné plus haut. Discharge of Oil et Discharge of Garbage pour les voiliers de 26 pieds et plus, et Waste Management Plan pour les voiliers de 40 pieds et plus. Les 3 collants viennent ensemble, donc aussi bien mettre les 3. Voici les signes en question :
  • Des gilets de sauvetage approuvées par la Coast Guard États-Unienne. Toutes celles vendues au Canada ne le sont pas (ceci reste à valider)… Même celles qui viennent des États-Unis, comme les Mustangs par exemple. Pour remédier à la situation, nous avons acheté des vestes oranges type fer cheval au Wal-Mart tout simplement, au coût de 5 $. Donc oui, la veste à 5 $ cheap prévaut sur la belle veste gonflable à plusieurs centaines de dollars, mais achetée au Canada. Voici les vestes que nous avons achetées :
  • Le distress flag : C’est le drapeau orange. Il faut l’avoir sur le bateau. Tout simplement. Ce drapeau se trouve dans n’importe quelle bonne boutique de matériel de bateau.

 

À propos du mouillage choisi

Nous sommes vraiment paresseux… Nous sommes toujours au même endroit que le 5…

Les photos du jour

 

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De Cape May à Cape May : repos, balade et trouvaille

6 octobre 2018

La journée d’hier nous a particulièrement assommés. Il était hors de question de bouger aujourd’hui. Du moins Nuage. Nous, nous étions en état de bouger un peu quand même. Donc après une matinée dans la catégorie non-productive, nous avons été faire un tour à la Utsch’s Marina pour aller saluer Kid’eau IV et Fleurs des Îles qui y étaient installés. Et nous avons été ensuite faire un tour avec Kid’eau IV découvrir la petite ville de Cape May.

La trouvaille du jour, et le highlight : la plus belle canne à pêche au monde

Ok, ça c’est Andrée-Anne la coquette qui aime la canne à pêche… Outre le fait qu’elle soit belle, elle est aussi super thématique, puisqu’il s’agit d’une real des années 80s ! Malade. Tant qu’à, restons dans le thème. C’est à la boutique de pêche de la Utsch’s Marina que nous l’avons trouvée. En plus de la canne à pêche, nous avons eu droit à un cours 101 pêche à la traîne : comment l’envoyer et retenir avec le pouce pour ne pas tout emmêler le fil, comment revenir et tenir avec pouce pour ne pas tout emmêler le fil…, comment monter un petit set-up au bout pour simplement attacher le leurre, quel leurre prendre… Ainsi que la liste de tout ce qui nous manque encore, dont une puise et gaffe avec un gros crochet. Un monde vient de s’ouvrir, et le porte-monnaie également… Mais nous comptons bien nous amuser.

La visite du jour : Cape May

Cape May est une petite ville touristique du bord de l’Atlantique. Des marinas, des tours de bateau, une plage, un boardwalk et une petite rue piétonne avec les classiques boutiques de t-shirts, de crème glacée et de cossins à thématique de la mer. Une petite balade est toujours la bienvenue lorsque l’on passe trop de temps à ne pas bouger sur un bateau, et Cape May comble tout à fait ce besoin.

À propos du mouillage choisi

Il s’agit du même qu’hier.

Les photos du jour

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D’Atlantic City à Cape May : une 2e journée en mer sportive

5 octobre 2018

Cette journée a duré 5 h 40. Et c’était assez. Wow. 18 kn de vent (33 km/h), des vagues de plus de 6 pieds, et Nuage qui file a plus de 7 kn (13 km/h), et tout ça entre les filets de pêcheurs. Pour un terrestre, cela peut paraître modeste. Mais pour nous, c’était du sport. Beaucoup ne s’aventureraient pas dans de telles conditions, et nous les comprenons maintenant. Nous avons pris tellement d’expérience dans ce 5 h 40…

Bref, cela a été une route sans pause pour Dominic, il a gardé la roue et s’est battu avec les vagues tout au long et ce, sans arrêt. Dès qu’une vague arrivait, il fallait contrôler Nuage qui voulait aller dans tous les sens. Et tout ça dans une zone de pêcheurs. Nous aurions bien aimé nous éloigner de la zone, mais les vagues prises de travers (de côté) nous brassaient tellement que c’était impossible de s’éloigner. Nous n’avions comme seule possibilité que de les garder derrière nous et d’affronter la zone de pêche. La particularité d’une telle zone, c’est qu’il y a des filets au fond, et que ceux-ci sont repérables par des petites bouées et drapeaux flottants. Par petit temps, on les voit bien, par gros temps (comme aujourd’hui), c’est plus hasardeux. Et le danger est que l’hélice se prenne dans un filet…

Est venu ensuite l’arrivée au inlet de Cape May. À ce moment, nous n’avons pas eu le choix de nous mettre de travers et de subir la machine à laver. Même si l’inlet est super bien balisé et protéger par les break waters, dans des conditions comme aujourd’hui, cela devient très chaotique.

Le bout drôle du jour : serre le génois !

Lorsque nous sommes entrés dans l’inlet, le génois (la voile avant) s’est évidemment mis à faseiller (brasser de tous les côtés). Il fallait le gérer. Dominic, avec sa navigation dans le corps lance un beau « Serre le génois », et Andrée-Anne de son côté de se dire « serrer, comme dans ranger ? » Comme nous n’avons que peu de temps, je me lance pour enrouler le génois (le ranger)… Eh non, serrer ici a été utilisé en substitution de border (qui signifie ramener plus la voile vers le bateau, elle devient ainsi plus tendue… de là l’utilisation de serrer…). Bref, nous en rions encore, parce que cela aurait pu réellement mal virer. Les termes, c’est important en navigation.

Le highlight du jour : l’arrivée à Cape May

Avec une telle navigation, disons que d’arriver à Cape May était le graal. Dès que l’on rentre dans l’inlet avec les les 2 break waters, toutes les vagues arrêtent, c’est juste magique. À cet endroit, nous avons même atteint 8 kn de vitesse puisqu’il n’y avait plus de vagues, c’est comme si on glissait.

Le recap de notre première expérience en mer

  • C’est sportif prendre les inlets quand il y a du vent
  • Arriver de nuit dans un inlet, c’est assez bof, nous allons l’éviter maintenant
  • Le voilier doit être dans un ordre parfait, et tout doit être sécurisé à l’intérieur (c’était beau de voir voler les objets dans notre 2e journée…)
  • 6 pieds de vagues annoncées et près de 20 kn, on va repasser pour la prochaine fois.
  • Quand il fait beau, c’est vraiment plus agréable de naviguer en mer

À propos du mouillage choisi

Coordonnées : 38°56.989’N 74°53.224’W
Nous nous sommes ancrés dans l’espace de mouillage directement à l’entrée de l’inlet. C’était la chose à faire. Il est situé à bâbord en entrant, devant les installations de la garde côtière. Le fond est bon. Pour ce qui est des commodités, nous n’avons pas encore visité le coin. Dès que nous nous sommes ancrés, nous nous sommes que reposés de notre navigation. La visite ira à demain.

Les photos du jour

 

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D’Atlantic City à Atlantic City : la ville dichotomique

4 octobre 2018

La météo n’était pas favorable à la poursuite de notre sortie en mer, donc nous avons décidé d’en profiter pour prendre un peu de repos à Atlantic City. Nous considérions au début de la journée de même prendre quelques jours ici, mais des décisions, ça se change. Donc, journée de flâneurs aujourd’hui… Réveil tardif (plus tard que 7 heures, wow!), gros déjeuner, café Baileys, bref la totale… Vers 13 h, la bougeotte a commencé à nous prendre, donc nous avons décidé d’aller sur la terre et découvrir la ville. Je ne sais pas si vous avez déjà visité Atlantic City, mais c’est particulier… Cela doit dépendre des goûts. Ce qui est sûr, c’est qu’elle ne fait pas partie des nôtres.

Donc, nous avions pensé au début rester un petit bout ici, mais en soirée, après avoir regardé la météo et jasé avec Houston, nous avons décidé de partir demain matin pour atteindre Cape May, puisqu’on dirait bien que ce sera la seule fenêtre possible dans les prochains jours (le vent viendra du Sud pour quelques jours à partir d’après-demain).

Le stress du jour : on stresse pour notre dinghy

Nous avons d’abord décidé d’aller sur la terre via la petite plage tout près du mouillage que nous étions. Nous avons forcé fort pour monter le dinghy aussi loin que possible de l’eau (la marée, il faut y penser), et nous sommes partis en cavale à pied. Première impression : c’est mort. Nous sommes un jeudi après-midi d’octobre à Atlantic City, il n’y a juste pas un chat ici. Et des aussi gros buildings bling bling sans aucune vie, c’est un peu weird. Une fois sortis de la zone marina et casino Golden Nuts, nous sommes arrivés dans le coin du vrai monde. Parce qu’entre le bling bling, il y a des maisons pour du vrai monde. Et cela n’a pas l’air riche du tout dans ce coin-là. La dichotomie est énorme. Ce sont vraiment 2 mondes côte-à-côte. C’est à ce moment que nous avons vu 2 voitures parfaitement sorties d’un film de gangsters, rien pour nous rassurer, et qu’ensuite, nous sommes tombés sur un jeune homme passablement amoché par la vie qui est juste sorti de nulle part… Pour ceux qui nous connaissent bien, vous savez que nous dealons très bien avec différents groupes sociaux, mais là, nous avons sentis que ce n’était pas nécessairement le meilleur spot pour laisser un dinghy sans surveillance (c’est quand même notre moyen de transport). Nous sommes donc retournés au dinghy, et avons décidé de prendre le chemin safe, soit le quai gratuit qui était plus loin pour nous, dans le Gardners Basin.

Le bout touristique du jour : la visite des casinos

Nous ne sommes pas des joueurs. Nous ne connaissons rien des casinos en fait. Donc nous avons décidé d’aller voir ça. Une fois passé le quartier résidentiel dans un état quelconque, on arrive sur le Boardwalk sur le bord de l’Atlantique avec ses nombreuses « attractions » – des casinos/hôtels, des bars, des manèges, c’est simple de même. Nous avons pris le temps d’entrer dans quelques hôtels/casinos. Je rappelle que nous sommes un jeudi après-midi d’octobre, l’ambiance est assez ratée, on ne voit que des gens épars qui jouent chacun dans leur coin. Par contre, c’est impressionnant. Lorsque l’on rentre dans le Ocean avec ses escaliers roulants éternels, on est frappé par la démesure, tout est là pour nous faire croire que nous pourrions nous aussi devenir aussi riche que dans nos rêves…  Pour la mention toutefois, notre préféré a été celui du Hard Rock Café, probablement parce qu’il y avait plein d’artefacts musicaux à regarder. Et combien avons-nous gagné ? Rien du tout… Nous n’avons même pas pris la chance de perdre, nous n’avons juste pas joué. Mais nous avons été gagnants de voir tout ça.

Le good deal du jour : le Save-a-lot

Nous sommes en voyage pour quelques mois. Il faut faire attention aux dépenses. Donc notre hint de budget sailor du jour est : le Save-a-lot ! Une épicerie absolument pas chic que l’on retrouve un peu partout et qui peut vous fournir en denrées de base pas chères de manière très efficace. C’est la chaîne à chercher. C’est sûr qu’en général, ce n’est pas le genre d’épicerie que l’on trouve dans la section la plus chic de la ville nécessairement. À Atlantic City, nous étions bien protégés à la caisse par un gardien armé, c’est tout dire.

 À propos du mouillage choisi

Coordonnées : 39°22.835’N 74°25.262’W
Malgré le fait que ce n’est pas la place la plus tranquille, nous n’avons pas changé de place pour cette nuit. Quelquefois, cela fait du bien de ne pas bouger…

Les photos du jour

 

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De Great Kills Harbour à Atlantic City : nous sortons enfin en mer !

3 octobre 2018

Ce fût notre première sortie à vie ! C’est un peu stressant ce moment. Même si nous avons assez confiance en nos capacités, cela reste (encore) une nouveauté. Parce que depuis le début du périple, il y en a de la nouveauté ! Le projet du jour était : se rendre à Atlantic City, au moins, et si tout va bien, continuer jusqu’à Cape May.

Pour ce faire, nous avons choisi une journée assez tranquille avec d’abord un léger vent de l’Ouest qui a tourné au Nord pour finalement aller au Sud-Est très léger. C’était une sortie à faire au moteur, avec, en début de journée, de l’aide du vent (nous sommes un voilier quand même…). Le départ s’est fait à 7 heures en compagnie de Kid’eau IV et Fleurs des îles. Fleurs des îles avait comme objectif Cape May, tandis que Kid’eau IV y allait plus with the flow (Sandy Hook, Manasquan, Atlantic City, ou Cape May, au choix).

Quoi raconter sur cette sortie… Ultimement, tout a bien été, rien n’est à signaler. Nous avons réussi à faire à peine de voile en début de journée, ensuite tout a été fait au moteur, avec parfois l’aide des voiles. Sinon, Andrée-Anne a quelque peu expérimenté le mal de mer, surtout parce qu’elle a passé trop de temps à l’intérieur. Nous avions oublié de préparer notre kit en cas d’abandon du bateau (sérieux, on est à 3 miles de la côte, il ne faut pas capoter quand même, mais c’est divertissant à faire, on dirait que nous sommes dans une grosse traversée), donc Andrée-Anne en a profité pour monter le fameux kit, avec, en complément, un mal de cœur. C’est très peu recommandé de rester à l’intérieur…

Côté navigation mer vs intérieur, ce qui est impressionnant, c’est la grosse houle. On dirait des montagnes qui nous arrivent de dessus et que nous passons. Cela ne brasse pas nécessairement, mais le mouvement continu peut créer de l’inconfort. Et la couleur aussi. L’eau avait une couleur pas mal plus intéressante que le vert kaki des dernières semaines.

La décision du jour : Cape May or not Cape May

Après une douzaine d’heures de navigation, nous avons confirmé à nos partners de route que nous préférions arrêter à Atlantic City. Le moteur semblait commencer à travailler un peu fort. Il nous restait encore 5 heures à faire avant d’atteindre Atlantic City, et une douzaine si nous voulions atteindre Cape May. Nous ne pouvions pas imposer 12 heures à la chèvre. 5, c’était amplement. Tout au long de la journée, nous avons vérifié notre météo et espéré un peu de vent soudain, mais en vain. Sans vent, nous ne pouvions pas continuer.

Le stress du jour (catégorie high level) : entrer dans l’inlet d’Atlantic City de nuit

On va le dire tout de suite. Ceci n’était pas l’idée du siècle. Déjà, arriver à la noirceur, ce n’est pas tant recommandé. Et à Atlantic City, il y a beaucoup de lumières… Donc les lumières des bouées se perdent très facilement dans les néons des édifices avoisinants. Bref, entrer de nuit, fatigués, après 17 heures de navigation, ça été difficile. Mais nous y sommes arrivés, en allant très tranquillement, tout simplement. Dans ce cas précis (la nuit à Atlantic City), Navionics a été très utile. Notre GPS est minuscule, et entrer avec des cartes papier, c’est un peu difficile à figurer ici, il y a tellement de lumières partout qu’il est difficile de trouver l’inlet. Notre apprentissage du moment : nous allons dorénavant éviter les arrivées de nuit.

À propos du mouillage choisi

Coordonnées : 39°22.835’N 74°25.262’W
Avec une arrivée de nuit, il fallait que cela soit simple. Nous avons donc été nous ancrer pas très loin après l’entrée de l’Inlet, côté Sud, juste avant le pont. Heureusement, il y avait déjà des voiliers, donc nous avons pu repérer l’espace facilement. Il y a beaucoup de courant ici, donc il faut le considérer lorsque l’on mouille l’ancre. En raison de la fatigue, Dominic a laissé un peu trop aller de reculons le bateau, et avec le courant, il est devenu impossible de barrer le câblot. Petit stress ici… Tout s’est bien terminé, Nuage a été remis en marche avant, et nous avons repris le contrôle de la situation. Pour le fond, cela tient super bien. Tout ce que nous avons remonté, ce sont quelques algues, enfin pas de boue !

Les photos du jour

 

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

De la statue de la liberté à Great Kills Harbour : dernière pause avant la mer

2 octobre 2018

On commence tranquillement à rêver de grasse matinée… La chèvre (aka le moteur) étant ce qu’elle est, nous n’avons pas le choix de nous coordonner avec les marées. Et la marée favorable dans le coin, elle est le matin. Très tôt. Genre idéalement 5 h. Mais ça c’est trop. Donc, lorsqu’il est temps de partir, nous visons 6 heures, avec plus ou moins de succès. Ce matin, nous sommes partis à 7 h 05, c’est pas pire. Nous avions une petite navigation à faire, tout a bien été.

Le beau petit coin du jour : Great Kills Harbour

Comme de fortes rafales sont annoncées pour la soirée, nous avons choisis de quitter notre spot glamour de la statue de la liberté pour nous rendre dans une petite baie mieux protégée plus au Sud. C’est vraiment mignon comme spot. Il y a plein de marinas et des bateaux au mooring partout dans la baie. En entrant, nous avons été accueillis par 4 cygnes et une colonie de cormorans avec une belle bâtisse rose qui rappelle bien le Sud… On commence à le sentir ce Sud-là, déjà !

Le projet du jour : la préparation à la mer

C’est à partir de Great Kills Harbour que nous allons nous lancer pour notre sortie en mer, puisque la décision a été prise, nous partons demain matin ! Pour ce faire, il nous restait quelques préparatifs à finaliser :

  • Aller chercher de la nourriture : c’est plus une question de timing. On commençait à manquer de produits frais et de pain, donc nous avons décidés de partir à la recherche d’une épicerie. À moins d’un mile de la baie, nous avons trouvé une sympathique épicerie italienne avec amplement de produits pour nous rassasier : Frank and Sal Italian Market. Andrée-Anne qui disait pas plus tard que la veille qu’elle allait s’ennuyer de ses lupinis… quel timing de trouver une épicerie italienne !
  • Remplir le diesel et le gaz pour le dinghy : nous avons finalement décidé de prendre du diesel à la marina sur place, c’est trop compliqué comme projet de chercher hors des marinas. Et là, ce n’est pas le temps de manquer de diesel, donc on oublie les principes.
  • Installer une ligne de vie : ceci a été le projet de fin de journée. Nous commencions à être un peu fatigués… Nous avions comme projet d’utiliser un des vieux câblots d’ancre que nous avons en extra. Malheureusement, nous n’arrivions pas à ouvrir les manilles qui reliaient les câblots aux chaînes. Donc nous avons décidés de partir à la recherche de câblot. Pour finalement découvrir que les boutiques de la baie ne vendent juste à peu près rien. Donc pas de câblot. Au retour au bateau, Andrée-Anne s’est souvenue qu’il restait un bout de câblot inutilisé à quelque part… Celui-ci a tout à fait fait l’affaire. Un peu de niaisage ici, Dominic, particulièrement fatigué a juré à cet instant de ne plus parler à Andrée-Anne d’ici les Bahamas. Ne vous inquiétez pas, cela n’a duré que 2 minutes 10 finalement.
  • Retirer le moteur du dinghy : Nous ne voulons pas mettre le dinghy sur le pont, le temps va être assez relax, nous n’avons pas tant besoin de le grimper. Mais retirer le moteur est primordial par contre.
  • Sortir le kit à mal de mer : Ginger chew, Sea band, gravol, biscuits soda, tisane au gingembre, Scopolamine transderme, alouette. On n’est jamais trop préparé…

Le bout moche du jour : la rencontre avec le propriétaire de la marina Mansion

Lorsque nous sommes allés à terre pour essayer de trouver du câblot, nous avons été accueillis très durement par le propriétaire de la marina. Vraiment, c’était de tout beauté. Clairement, en cette journée de semaine du mois d’octobre complètement morte, nous n’étions pas les bienvenus. Dommage que nous eussions acheté notre diesel avant à cet endroit, nous aurions clairement considéré ne pas lui donner de business.

Le stress du jour : les forts vents qui sont finalement arrivés

Comme le départ de demain est prévu très tôt, nous avons décidé de nous coucher très tôt. Nous avons toutefois été réveillés vers 22 h en raison des forts vents qui venaient du Sud. L’entrée de la baie est vers le Sud, donc malgré le fait que cela soit mieux protégé que le statue, avec des vents du Sud, cela peut brasser. Et cela a brassé. Nous avons d’ailleurs vu le voilier en face de nous dangereusement chasser vers nous… Mais comme il s’agissait d’un bon capitaine, il a bien géré la situation et a réussi à aller s’ancrer plus loin. Pas de peur, pas de mal ici, juste une petite anecdote 😉. Nous avons également chassé quelque peu, c’est ce que nous avons réalisé au matin.

À propos du mouillage choisi

Coordonnées : 40°32.609’N 74°7.930’W
Il s’agit d’un super endroit pour prendre une pause et attendre sa fenêtre météo pour la sortie en mer.  On peut s’ancrer un peu partout en fait entre les moorings, il y a plein de trous. L’endroit recommandé est plus au Nord par contre. Parce qu’entre les moorings, il y a un risque de se prendre dans les chaînes ou tout autre objet au fond. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à un voilier à côté de nous. Nous avons vu en après-midi un plongeur arriver pour l’aider à sortir son ancre qui était prise… Lorsque nous avons vu cela, nous avons décidé de tester l’ancre (nous voulons partir tôt demain matin, ce serait plate de faire un faux-départ à cause d’une ancre prise…), et d’aller nous ancrer un peu plus loin au fonds. Également, nous avons appris que cette baie a été totalement détruite en 2012 lors de l’ouragan Sandy, tous les bateaux y ont passé ou subi de graves dommages, donc il doit y avoir bien des trucs dans le fond… Qui, d’ailleurs, est composé d’une horrible boue noire comme le charbon et nauséabonde. Cette boue ne semble pas offrir la meilleure tenue de ce que nous avons pu expérimenter.

Les photos du jour

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

De la marina West 79th Street Boat Basin à la statue de la liberté – New York : on pense à la mer…

1er octobre 2018

3 h 48. C’est l’heure exacte que la boule de mouillage a recommencé à attaquer Nuage. Nous n’avons pas eu notre 6 heures finalement. Toutefois, après environ 30 minutes, tout s’est replacé, et nous avons pu retourner quelque peu dans les bras de Morphée, par chance… Des fois par contre, se faire réveiller à des heures impossibles peut avoir des avantages. Dominic a eu à cet instant un flash, et a décidé d’aller travailler sur son moteur (tient, cela faisait longtemps que nous n’avions pas parlé du moteur…). Il s’est dit qu’il devrait tenter d’étanchéifier les jonctions des boyaux avec du duc tape de métal. Pourquoi pas… c’est un si beau projet pour 4 h du matin. Le tout s’est finalement avéré super positif lorsque nous sommes partis. Le moteur, depuis le début du voyage faisait beaucoup de bruit à certains moments. Des fois il arrêtait d’en faire, et tout d’un coup, nous attrapions une grosse vague et il recommençait. Dominic soupçonnait une entrée d’air, mais il n’arrivait pas à colmater le tout. Jusqu’au bang de la boule de mouillage à 3 h 48…

Comme nous sommes à New-York, nous devons penser sérieusement à notre sortie en mer qui nous attend dans le détour de Sandy Hook. Notre prochaine grande aventure consiste en fait à prendre la mer (pour la première fois ever…) pour aller soit jusqu’à Atlantic City, ou Cape May. Aller jusqu’à Cape May est une navigation de plus ou moins 20 heures. Et pour la faire, nous devons avoir une belle fenêtre météo, soit un bon 24 h minimum (certains diront jusqu’à 48 h) de météo clémente : vent du Nord si possible, pas plus de 20 kn, de la vague pas trop grosse, et le comble, du soleil svp. Bon, le soleil on peut s’en passer, ce qu’il faut surtout regarder c’est le vent et la vague. Bref, une belle fenêtre semble vouloir se dessiner pour mercredi, donc il se pourrait bien que le séjour à New-York soit de très courte durée.

Pour nous préparer à notre départ, et considérant le fait qu’il était hors de question de passer une autre nuit à se faire cogner par une boule de mooring, nous avons décidé de suivre les conseils de Philippe Pelletier, et d’aller nous ancrer derrière la statue de la liberté. Le projet est de rester à cet endroit jusqu’à la bonne fenêtre météo, et de se lancer.

En fin de soirée, nous avons jeté un coup d’œil à la météo, et malgré le fait que le spot de mouillage soit assez glamour (dormir au pied de la statue de la liberté, quand même), il n’est pas du tout protégé. La nuit prochaine, un vent pas pire du Sud est annoncé, avec des rafales qui pourraient être assez incommodantes au niveau sommeil. Donc nous avons pris la décision de partir très tôt demain vers le Sud pour aller rejoindre un autre mouillage qui risque d’être un peu mieux protégé : Great Kills Harbour, trouvé sur Active Captain.

Le projet du jour : trouver du diesel

Avant de partir, nous avons décidé d’aller faire un tour dans un Mobil pas loin pour aller remplir nos 2 bidons de 5 galons de diesel. Dominic ne veut pas utiliser de diesel de marina dans son moteur, donc nous devons faire quelques prouesses pour arriver à nos fins. Donc nous avons fait une très belle marche dans le parc sur le bord de la rivière, avec nos 2 bidons, entre les joggeurs (non mais, tout le monde court à New-York, c’est le sport national ?), et les cyclistes. Pour finalement apprendre que les stations service ne tiennent pas nécessairement ça du diesel… Donc maintenant, nous allons appeler avant. Mais ce fût une très belle marche par contre !

À propos du mouillage choisi

Coordonnées : 40°47.361’N 73°59.026’W
Il s’agit d’un excellent endroit par petit temps. Évidemment, à New-York, les options ne pleuvent pas donc on peut s’accommoder de ce mouillage même si le temps n’est pas si petit que ça. Toutefois, on se fait brasser, autant par la vague naturelle que la vague causée par tous les bateaux en circulation, ça bouge beaucoup dans ce coin. Côté fond, rien à dire, c’est de la belle boue qui pogne toute seule. Au niveau des accès à la terre, nous n’avons pas eu le temps d’aller voir, mais Kid’eau IV a été voir la descente de bateau du parc sur la berge, et une affiche indiquait clairement que les dinghys ne sont pas les bienvenus et qu’ils seraient enlevés… Donc c’est un peu à ses risques et périls si on veut aller faire un tour sur la terre.

Les photos du jour

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :

De Croton-on-Hudson à la marina West 79th Street Boat Basin à New-York : la journée sans fin

30 septembre 2018

Arriver à New-York en voilier, via la rivière Hudson, ce n’est clairement pas ce à quoi nous sommes habitués (pour ceux qui êtes déjà allés à New-York). Voir la grosse pomme au loin est juste trop excitant ! Pour Dominic, c’était en plus sa première fois… Vous rappelez-vous votre première fois ?

Nous sommes partis assez tôt ce matin, nous ne voulions pas manquer notre grand rendez-vous. Pour une fois, la brume, pour sa part, n’était pas au rendez-vous. Donc à 6 h 30, le moteur ronronnait… et à 9 h, nous commencions déjà à apercevoir New-York ! Cela nous a pris 3 heures encore pour atteindre notre destination : la marina West 79th Street Boat Basin.

Le highlight du jour : l’arrivée au centre de New-York

Le truc cool (c’est le seul) de la marina est que celle-ci est située directement au cœur de Manhattan. Mais cela ne paraît comme pas quand on arrive… Elle est dans un gros parc qui fait une bonne partie de la berge, donc on ne voit pas nécessairement tant la ville, on pourrait croire que nous sommes un peu n’importe où. Toutefois, quand on sort du parc, hop, on arrive rapidement sur Broadway. Et si on continue à peine à pied, on arrive à Central Park. Quand même. Sortir de ton voilier, marcher 30 minutes, et arriver à Central Park. Qui dit mieux ? Comme nous sommes arrivés tôt, nous en avons profité pour nous dégourdir les jambes… Le tout a fini avec d’abord de la pizza (qui dit New-York…), un arrêt à l’endroit où John Lennon nous a quitté, un tour (pas tout quand même, c’est grand) de Central Park, un arrêt à Time Square, et un retour en métro (là on commençait à être fatigués… 5 h 30 de navigation + une pas pire marche…).

Le stress du jour : la boule de mooring qui attaque Nuage

Après notre escapade quelque peu éreintante, nous ne faisions que penser à dormir. Normal. Nous étions tellement enchantés de notre journée que nous discutions même de prendre une autre journée à la marina, c’est tout dire ! Jusqu’à ce que nous remontions sur Nuage, et qu’une trame sonore déchirante nous y accueille… La combinaison courant + vent à ce moment précis provoquait une incompatibilité totale entre la boule de mooring (particulièrement surdimensionnée) et Nuage… Tout ce que nous entendions, c’étaient des bangs non-stop sur la coque sur le devant. De quoi nous déchirer le cœur. Un bateau, c’est une caisse de résonnance, le bruit que cela faisait était juste insupportable, on aurait crû que la boule voulait passer au travers de la coque. Et le Awlgrip… comment pouvait-il garder son lustre avec un tel traitement ? Nous avons tout tenté pour minimiser la chose : tenter de pousser Nuage vers l’autre côté, mettre toutes les défenses, allonger le câblot… Rien n’y faisait. La seule solution possible était d’attendre le revirement de marée. Qui est finalement arrivé à 22 h, comme par magie. À partir de ce moment, nous savions que nous avions qu’environ 6 h pour nous reposer (il y a 4 marées par jour, 2 de chaque côté) … Pas besoin de vous dire que la décision de rester une autre nuit a été jugée non recevable par le conseil.

À propos de la marina choisie

Coordonnées : 40°47.361’N 73°59.026’W
La marina West 79th Street Boat Basin a 2 avantages : sa situation géographique, et son prix. Pour 30 $ par nuit, nous avons eu un mooring à quelques pas du centre de New-York. Quand même. Toutefois, côté confort, on repassera. Le courant est particulièrement intense, et les vagues provenant du trafic maritime sont juste constantes. Résultat, ça brasse, mais ça brasse… et ce constamment. Côté service, il y a une toilette, une douche, une buanderie, et une machine à glace (qui donne de la glace gratis). Côté propreté, on repassera. Nous aurions vraiment aimé y passer plus d’une nuit, mais c’était juste impossible.

Les photos du jour

Pour les zélés, les chiffres du voyage sont ici :